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  • 13 juillet 2020

    13 juillet 2020

    Un îlot de verdure [île Saint-Germain]


    Une île de verdure en plein centre ville, où il fait bon de flâner.. Et ce qui attire rapidement le regard, c'est une tour monumentale bigarrée.


    Cette tour, la tour aux figures de Jean Dubuffet, est haute de 24 mètres . Par son graphisme noir sur fond blanc avec du bleu et du rouge, elle peut faire penser à un totem.


    Première commande publique de l'Etat au peintre et sculpteur Jean Dubuffet [1901-1985], elle fut inaugurée en 1988 et a été récemment restaurée. Elle ne faisait pas l'unanimité au départ, plusieurs villes choisies pour l'accueillir ayant décliné l'offre ; c'est la ville d'Issy-les-Moulineaux qui proposa sa candidature sur l'île Saint-Germain.


    Cet œuvre caractérise le monde imaginaire de l'artiste, sa fascination pour l'art des non initiés, l'art brut. Jean Dubuffet voulait aller plus loin que les surréalistes : il crée un genre nouveau, un art pictural libéré de toutes les normes et conventions esthétiques et culturelles de l'époque : l'art brut.


    L'homme sorti du cèdre [2001]. [Sculpture de Coskun],  
    sculptée dans un cèdre déraciné des jardins du musée Albert Kahn
    lors de la tempête du 26 décembre 1999

    C'est toujours fascinant de se balader au hasard comme sur le parvis de la défense et de se retrouver nez-à-nez devant des sculptures monumentales disséminées par-ci par là. L'art est toujours là où on ne l'attend pas dirait Jean Dubuffet.


    Ce parc se trouve à Issy-les-Moulineaux, dans le département des Hauts-de-Seine. L'île doit son nom au monastère de Saint-Germain-des-prés qui possédait ces terres depuis le Moyen-âge. A l'époque c'était un pâturage. Après la révolution, Napoléon rattacha l'île à la commune d'Issy-les-Moulineaux.


    Cet îlot de verdure est remarquable par sa flore exceptionnelle, ses vastes pelouses, ses espaces boisés, et même une superbe centre équestre. A chaque recoin de la balade, il ne cesse de surprendre par sa diversité.


    C'est peut-être l'enfance qui approche le plus de la vraie vie





    Pause estivale... A bientôt !









    Publié par Ranjiva

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    23 juillet 2018

    23 juillet 2018

    Moscou aux couleurs chatoyantes de Kandinsky


    Ce qui étonne et fascine à Moscou c'est le flamboiement des couleurs.


    Un mélange subtil de bleu, orange, vert, sans oublier la couleur ocre-doré, habille les cathédrales, les basiliques, les églises, et de nombreux monuments.

    Cathédrale de Kazan [Située sur la place rouge]
    Les formes, les couleurs des basiliques aux bulbes multicolores se mêlent dans un mélange éclectique qui évoque la vision des couleurs du peintre Kandinsky [1866-1944].

    La vie en couleurs [1907] [Kandinsky]
    Kandinsky, peintre de l'abstraction colorée et joyeuse, est né à Moscou. Il y passa les cinq premières années de sa vie. Il y revint à 20 ans[1886] pour suivre des études de droit. Dix ans plus tard il décida de se consacrer à la peinture et s'installa à Munich pour suivre les cours des beaux-arts pendant 4 ans.

    Jaune -rouge- bleu [1925] [Kandinsky]
    Voyageur impénitent, il parcourut le monde, tout en peignant. Il revint souvent à Moscou,et s'y installa de 1914 en 1921. En 1921 il quitta Moscou pour ne plus y revenir.Il prit la nationalité française en 1939.


    Selon lui, le "capital mythique" qui parcourt toutes ses œuvres aurait pour origine ses trente années de vie en Russie. Il avait toujours en mémoire sa ville natale avec ses couleurs chatoyantes.


    Ce Moscou, tout à la fois intérieur et extérieur, -je le considère comme la source  
    de mes aspirations d'artiste, c'est mon diapason d'artiste-.  
    Kandinsky [Regards sur le passé] 1913.


    Des maisons et des églises de couleur rose, mauve, jaune, blanche, vert-pistache, rouge-feu, 
    le gazon follement vert, l'anneau rouge, rigide et silencieux des murs de Kremlin. 
    Peindre cet instant m'apparaissait comme le bonheur le plus impossible 
    et le plus sublime qu'un peintre puisse connaître.
    Kandinsky [Regards sur le passé] ...


    Les couleurs de Kandinsky mènent leur propre vie, elles s'émancipent et finissent par envahir l'espace en toute liberté : c'est la sensation qu'on peut ressentir en voyant un tel déploiement de couleurs sur cette magnifique cathédrale Saint-Basile [Construite de 1555 à 1561].

      La Cathédrale Saint-Basile [Patrimoine mondial de l'Unesco en 1990] [ 1555 et 1561]  
    Cet admirable édifice de 65 mètres de haut coiffé de 8 bulbes étonne par la richesse de ses couleurs et le raffinement de son architecture.


    Moscou I [1916] [Kandinsky]
    En général, la couleur est un moyen d'influencer l'âme de manière directe ; 
    la couleur est la touche, l'œil est le marteau, l'âme est le piano avec ses multiples cordes 

    Au début du 20 ème siècle, Moscou connait un développement architectural intensif et récupère au détriment de Saint-Pétersbourg son statut de capitale de la Russie [1917].


    Le soleil fait fondre tout Moscou, 
    la réduit à une tâche qui telle une folie, 
    met tout à l'intérieur, toute l'âme en vibration. 
    Vassily  Kandinsky









    Publié par Ranjiva

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    10 février 2018

    10 février 2018

    Delacroix et sa lutte avec l'Ange... de la côte Normande à Paris


    La mer a toujours exercé un grand pouvoir de fascination sur les peintres. Parmi eux, Eugène Delacroix, peintre français romantique [1798-1863] succomba aussi à la beauté océane..

    Les falaises d'Etretat 

    Surtout attiré par la côté normande, comme les peintres impressionnistes, Delacroix qualifie ces moments de contemplation  : -de séjour de paix et d'oubli du monde entier-...


    Tout comme Eugène Boudin, Claude Monet, Camille Pissaro, Gustave Courbet et tant d'autres, Eugène Delacroix a aussi immortalisé cette côte..

    La mer vue des hauteurs de Dieppe

    Cherchant toujours, la façon la plus libre d'envisager la peinture,  Delacroix fait prendre à la couleur plus d'importance que le dessin. Le poète Baudelaire qualifie cette singularité de très romantique..

    Photos prises le 15 décembre 2017

    A Paris, à l'intérieur de l'Eglise Saint-Sulpice, on est ainsi surpris autant par la présence inattendue d'une fresque de Delacroix sur un mur, que par les couleurs chatoyantes qu'elle fait jaillir.

    La lutte de Jacob avec l’ange [1861]

    Dès 1854 à 1861, Eugène Delacroix peignit cette fresque énigmatique, intitulée -la lutte avec l'ange-, à l'Eglise Saint-Sulpice.. Il choisit lui-même ce thème biblique pour décorer le mur de la chapelle des Saints-anges...

    Photo prise à l'Eglise Saint-Sulpice [15 décembre 2017]

    Les conditions dans lesquelles le peintre exécuta cette fresque était un véritable défi pour lui. Malade depuis 10 ans, son état s'aggrava durant le projet. Pendant 5 ans, il luttera pour finir la fresque dans des conditions d'épuisement total. Tout comme son modèle il s'en sortira vainqueur mais estropié à tout jamais.

    Fresque restaurée en novembre 2016

    Ce qui fascine dans ce tableau, c'est avant tout, le contraste entre l'homme acharné et la douceur de l'ange. L'homme se bat comme un taureau et celui qui est en face semble être juste là pour le retenir.
    Tout semble prêcher en défaveur de Jacob, mais il engage le combat. il fait face et il gagne et selon le récit biblique : Jacob ne serait jamais plus le même, claudiquant à jamais, il sera marqué par son combat.




    Dès 1822 et jusqu'à la fin de sa vie, Eugène Delacroix consignait quotidiennement tout ce qu'il faisait, ses projets de tableaux, ses pensées  dans un journal. Tout comme Montaigne qui se définit lui-même -la matière de son livre, il mentionna que ce journal est tenu et existe que pour lui seul. Mais à la différence de Montaigne qui présente ses idées avec linéarité, le journal du peintre est conçu dans le désordre et le chaos qui n'est pas sans refléter ses œuvres picturales. Et à la différence de l'écrivain qui n'était pas avare d'anecdotes même les plus intimes, les confidences du peintre sont plutôt rares dans ce journal.




    La mer est là, magnifique, imposante et superbe, avec ses bruits obstinés.
    Rumeur impérieuse et terrible, elle tient des propos étranges.
    Les voix d'un Infini sont devant vous.
    Eugène Delacroix








    Publié par Ranjiva

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    20 mars 2017

    20 mars 2017

    Allégorie du Printemps : des cerisiers et un peintre [Botticelli]


    L'arrivée du Printemps promet de beaux jours. Tout semble éblouissant, surtout si on a la chance d'assister à l'éclosion des bourgeons des cerisiers.


    Et ce fut le cas ce jour-là au Brooklyn Botanic Garden à New-York .


    La floraison des ces cerisiers d'une beauté saisissante est spectaculaire, l'allée des cerisiers fascine. 200 cerisiers donnés en cadeau par le gouvernement japonais après la première guerre mondiale fleurissent pendant quelques jours ; on ne sait plus où donner du regard devant une telle explosion de couleurs.


    A l'apogée de la saison de la floraison de ces cerisiers, une fête [Festival] -le Sakura Matsuri- est organisée depuis 1981 dans ce magnifique jardin atypique


    Le cerisier du japon [Sakura] ne donne pas de cerises mais de jolies fleurs roses qui éclosent chaque année au printemps [généralement en Avril]. Il est particulièrement vénéré des japonais car marque le renouveau du printemps, donnant ainsi l'occasion de festoyer. Cette floraison qui ne dure que quelques jours symbolise dans le bouddhisme l’impermanence des choses...


    Et d'un coup, le tableau de Botticelli revient en mémoire devant tant de magnificence... Le printemps [1482], l'un des plus beaux tableaux de Sandro Botticelli est un hymne au printemps avec l'abondance des fleurs : des fleurs sortant même de la bouche de la nymphe Flore, la robe fleurie de Venus, le parterre de fleurs etc... Un tableau fleuri qui se situe dans le jardin des Hespérides.


    Alessandro Filipepi, que l'on connaît sous le nom de Botticelli [1444-1510] peintre, dessinateur et graveur, incarne l'art florentin du 15ème siècle. Ses peintures étaient pratiquement ignorées jusqu'au début du 19 ème siècle ; elles acquièrent dans les années 1850 un véritable engouement qui va jusqu'à une véritable vénération.






    "Des draperies légères adhèrent ou s'envolent des corps qui n'ont plus l'air de toucher le sol, tant ils dansent comme on vole. L'aube fait danser les trois grâces". 
    Le rêve Botticelli [Chapitre 15 -La naissance du printemps-] Sophie Chauveau


    Au printemps tout semble léger comme ces pétales de cerisiers et ces trois grâces de Botticelli qui semblent ne plus toucher terre ; elles dansent comme si elles allaient s'envoler...


    L'esprit se meut, l'âme s'émeut ; l'esprit raisonne, l'âme résonne.
    François Cheng










    Publié par Ranjiva





    * Photos prises au Brooklyn Botanic Garden [New-York]



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    15 juin 2016

    15 juin 2016

    Balades picturales dans des musées d'art Moderne [Paris-Beaubourg] - [New-York-MoMA)]


    Paris est une fête dirait Hemingway... Effectivement à chacun de ses recoins, le long de la Seine, Paris nous montre ses jolis apparats. Les endroits à visiter ne manquent pas mais un détour au musée national d'Art moderne au Centre culturel Pompidou [Centre Beaubourg] complète agréablement la balade intra-muros...


    En passant par Paul Klee, Ferdinand Léger, Yves Klein, Matisse, on ne compte plus les magnifiques œuvres à voir dans ce musée d'art moderne...


    Paul Klee (1879-1940), peintre allemand et musicien comme son ami Kandinsky, pensait qu'un artiste ne peut prévoir son œuvre... "l'Art ne reproduit pas le visible, il rend visible". Klee était un mystique comme Kandinsky : il cherchait à atteindre, derrière le voile des apparences, une unité bien à a lui, cette "divine folie" comme pourrait le qualifier des membres du courant Surréaliste...
    Comme Matisse, Miró, et tant d'autres peintres le bleu le fascine, ce bleu incandescent dont il dira "Point n'est besoin de chercher à la saisir, elle me possède, je le sais, voila le sens du moment heureux,  la couleur et moi nous sommes un : je suis peintre".


    New-York, ville fascinante nous tend aussi ses bras avec son musée "clé", le MoMA, pour admirer encore plus ces peintres et leurs créations fantastiques qui ont laissé libre cours à l'Imagination....


    Ce musée d'Art moderne possède une collection impressionnante d’œuvres de grands peintres, notamment de Van Gogh, Matisse, Picasso, De Chirico, Rothko, Léger, Mondrian etc.. et de tant d'autres encore...


    Créé en 1929, ce musée est une institution pour les amateurs d'art. Il étend ses œuvres sur 4 étages et c'est au 3ème et 4ème étage que les grandes œuvres connues sont rassemblées, parmi elles, les Demoiselles d'Avignon de Picasso, La nuit étoilée de Van Gogh et La danse de Matisse, tableau captivant : il nous incite à la danse et nous rappelle la citation de Kundera dans son roman "le livre du rire et de l'oubli": "Danser dans une ronde est magique, la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire".


    La nuit étoilé de Vincent Van Gogh est tout simplement magique. Dans sa lettre à son frère théo, le peintre évoquait que souvent la nuit est encore plus richement colorée que le jour...


    Au dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible.
    L'irrémédiable, c'est de ressentir de telle sorte qu'à toutes les extrémités règne la tempête
    et nulle part un maître qui commande au chaos"
    Paul Klee









    Publié par Ranjiva

    *Photos prises au Centre Georges-Pompidou [Paris] en Mars 2016
    *Photos prises au Museum of Modern Art [New-York] en avril 2016

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