4 décembre 2013

4 décembre 2013

Nice et l’Art dans la rue


Certes ce qui fait le charme de Nice, ville française du sud-est à 930km de Paris, c’est la mer Méditerranée et sa Baie des Anges. Néanmoins la ville en elle-même -et surtout l’art et la culture au détour des rues- mériteraient qu’on s’y attarde...


Une petite anecdote issue d'une légende sur la Baie des Anges : Sainte Réparate (Santa Reparata), une martyre de Césarée ville antique de la côte méditerranéenne israélienne, fut amener jusqu'à Nice par les anges eux-mêmes après sa décapitation, d'où ce nom de baie des Anges. Sainte Réparate est ainsi devenue la patronne de Nice, en plus de celle de Florence (d'autres sources diront que l’appellation d' "anges" viendrait plus du nom des requins inoffensifs qui longent la baie, et nommés ainsi à cause de leurs ailerons en forme d'ailes).


Face à la mer et à la célèbre avenue qui symbolise la côte d'Azur,"la promenades des anglais", on peut trouver le Monument du Centenaire, élégant édifice sculpté en 1896 par un sculpteur toulonnais Joseph Allar (1845-1925), surplombé non sans fierté par la déesse Niké (messager de Zeus et déesse de la Victoire dans la mythologie grecque). L'origine du nom de la ville viendrait de là (mais comme pour la baie de Anges, de multiples conjectures sont possibles...).


Au détour du jardin Albert 1er, des statues de jeunes filles placées dans une grande vasque captent le regard : ce sont les trois grâces, déesses grecques encore une fois (fille de Zeus et d'une nymphe) qui personnifient -notamment selon Hésiode- la joie (Euphrosyne), la beauté (Aglaé la brillante) et la floraison (Thalie la Verdoyante). Les poètes les font quelquefois les compagnes d'Apollon.
Homère dans l'Iliade nomma Pasithéa la plus jeune des trois grâces et il en fit la promise d'Hypnos (dieu du sommeil, fils de Nyx la nuit).


Et encore au détour de visite-balade sur le fil du "hasard", peut-on se retrouver face à une sculpture "monumentale", "la Tête carrée" imaginée par le sculpteur Sacha Sosno, niçois d’adoption tout comme Henri Matisse. Cette gigantesque sculpture, haute de 30m et large de 14m, inaugurée en 2002, est  une œuvre étonnante en soi, à la fois par son côté esthétique que utile. En effet ce monument est la première sculpture habitée dans le monde. Dans "sa hauteur carrée" se trouvent les bureaux de la bibliothèque municipale Louis Nucéra.


En voyant la sculpture, on imagine juste ce qu'il y a derrière, une sculpture qui semble au premier abord brute et pas finie, puis au final d'une finesse esthétique. Le sculpteur Sosno déclara ainsi lors d'une interview: "je cache par des pleins et des vides, et c'est vous qui devez reconstruire l'image. Je crois que ce sont les spectateurs comme vous qui font l'œuvre d'art. L'artiste ne fait que des propositions". Donc on peut se permettre de laisser vagabonder son esprit et se demander pourquoi une tête carrée" ?



Et l'architecture n'est pas en reste comme le superbe et incontournable "musée-matisse", une demeure rouge-brique du 17ème siècle inspirée des villas de Gênes (Italie), plantée au beau milieu d'un jardin. 
Fondé en 1963, ce musée conserve plusieurs tableaux du peintre Matisse.


Certes, Nice est une grande ville un peu tentaculaire, aux clichés qui lui collent à la peau ("ville de retraités", le carnaval et sa bataille des fleurs, sa plage de galets bondée en été...), mais c'est une ville où l'Histoire et l'Art se ressentent dans la rue, une ville au passé historique riche, qui a inspiré tant des artistes peintres, écrivains, poètes, allant de Balzac à Paul Valéry, en passant par Montaigne, Baudelaire, Verlaine etc..


Et La couleur de la mer y est si éblouissante... Cette ville entre mer et montagne protégée de vents par ses collines, pourrait faire presque penser à Fort-Dauphin si on ne tient compte que du paysage maritime... Certes il manquerait la plage à perte de vue et le sable blanc, mais même sans, Nice vaut malgré tout le détour.


C’est tout ce que nous aurions voulu faire et n’avons pas fait,
Ce qui a voulu prendre la parole et n’a pas trouvé les mots qu’il fallait,
Tout ce qui nous a quittés sans rien nous dire de son secret...

Ce que nous pouvons toucher et même creuser par le fer sans jamais l’atteindre,
Ce qui est devenu vagues et encore vagues parce qu’il se cherche sans se trouver,
Ce qui est devenu écume pour ne pas mourir tout à fait,
Jules Supervielle - Oublieuse mémoire - La Mer





Publié par Ranjiva

Quelques traces


Un peintre et sa ville bleue [Matisse et Nice)