25 novembre 2013

25 novembre 2013

Un peintre et sa ville bleue [Matisse et Nice]


La mer a toujours exercé un grand pouvoir de fascination sur les peintres, Henri Matisse, peintre, dessinateur et sculpteur français (1869-1954) n’échappera pas à cette attirance (bleue) "marine".


Nice l’inspira par sa lumière et la couleur de la Méditerranée le fascina toute sa vie. D’autres peintres, non moins célèbres tel que Picasso (1881-1973), Léger (1881-1955), Chagall (1887-1985) séjournèrent à Nice (sud-est de la France) mais le peintre Matisse en fit sa ville d’adoption. il y résida 40ans durant.


Dans une lettre adressée à un de ses amis, Matisse fait l’éloge de cette ville-refuge. "C’est un beau pays Nice. Quelle lumière tendre et moelleuse malgré son éclat. Je ne sais pourquoi je la rapproche souvent de celle de la Touraine, celle de la Touraine est un peu plus dorée, celle-d’ici est argentée. Même que les objets qu’elle touche sont très colorés comme les verts par exemple".


Matisse eut quelques similitudes avec le peintre Monet, peintre voyageur (Tahiti, Maroc, Algérie, Italie, Etats-Unis etc..), avec cette recherche toujours à l'affût de la lumière "inspirante".


Et tout comme Monet qui ne garda que l’essentiel à la fin de sa vie en ne voyant plus que" les reflets jusqu’à abstraction de tout reste", Matisse alla vers la simplicité :  il abandonna presque complètement la peinture à partir de 1940 pour se consacrer à la technique des gouaches découpées. Ainsi il mit 20 ans aussi pour perfectionner cet art simplissime du découpage. Du réel Matisse nous amène vers l’imaginaire, vers le rêve...


On associe souvent les œuvres de Matisse surtout à la fin de sa vie à une couleur unique "le bleu lumineux" bien qu'il fut connu dans les années 1920 pour sa diversité chromatique dans sa période "fauve". 
Le bleu est ainsi magnifié et représenté dans son tableau le "nu bleu" de 1952. L'artiste lui-même revendiqua sa passion pour le bleu et pour la couleur, dont il place l'importance au-delà du dessin. Pour lui la couleur est une libération.


Matisse a eu sa période bleue comme beaucoup de peintres, mais son bleu qu’il qualifie lui-même comme la couleur du volume et de la distance, tout comme celui du peintre catalan Joan Miró (1893-1983) nous incitera toujours à aller vers l’imaginaire.
De simples feuilles gouachées, il a su extraire des œuvres particulières capables de nous insuffler une sensation de bien-être...


Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
Charles Baudelaire (Le Voyage)







Publié par Ranjiva

Quelques traces


*Photos prises à Nice en Novembre 2013