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  • 13 novembre 2020

    13 novembre 2020

    Cheminer d'arbre en arbre 

    Destination : arbre, est un poème d'Andrée Chedid ; certes c'est une belle destination que d'aller admirer ces magnifiques arbres, qui déclinent leurs couleurs automnales. 
    A l'instar de l'érable japonais, certains arbres ont leurs feuilles d'un rouge éclatant avant la chute des feuilles, ces couleurs flamboyantes sont dues aux anthocyanines, leurs pigments protecteurs contre les parasites et l'environnement.
    Parcourir l'Arbre 
     Se lier aux jardins 
     Se mêler aux forêts 
     Plonger au fond des terres 
     Andrée Chedid [destination : arbre].
    L'embrasement automnal fascine toujours, les arbres se parant de leurs plus belles couleurs ; ils se préparent à la rude saison qui va arriver ; leurs feuilles, avant de tomber, passent par toutes les couleurs.
    Puis dans un éclat de feuilles 
     Embrasser l'espace 
     Résister aux orages 
     Déchiffrer les soleils 
     Affronter jour et nuit 
     Andrée Chedid [destination arbre]
    Bientôt pour les arbres, le temps est venu d'une pause méritée, mais en attendant cet arrêt indispensable à leur survie, ils exhibent leurs plus belles couleurs.





      Personne ne s'étonne que les arbres se dénudent sous nos           latitudes, en automne, et se reverdissent au printemps
     Pourtant  la chute et la repousse annuelles sont un petit miracle, car le processus implique que les arbres aient la notion du temps. Comment savent-ils que l'hiver arrive ou que la hausse des températures n'est pas un bref aléa climatique 
    mais l'annonce du printemps ? 
    [Extrait du livre -la vie secrète des arbres - de Peter Wohlleben]
    Cheminer d'arbre en arbre 
    Explorant l'éphémère 
    Aller d'arbre en arbre 
    Dépistant la durée. 
     Andrée Chedid [destination arbre]






    Publié par Ranjiva

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    4 juillet 2016

    4 juillet 2016

    Parenthèse kundérienne [l'Insoutenable légèreté de l'être et l'Ignorance]


    Il arrive que des apartés s'imposent sur ce blog, tel cet article sur Bob Dylan et ses séries de rêves, ou bien celui sur Jorge Luis Borges et son monde imaginaire, ou encore celui sur Saint-Exupéry et son Petit prince. Milan Kundera en fera partie, car comme dirait Tomas, l'un des protagonistes de son roman L'insoutenable légèreté de l'être, "Es muss sein" [il le faut].


    Milan Kundera est un écrivain singulier : il a repris lui-même les traductions de ses romans publiés en tchèque, trouvant que c'était trop métaphorique et a décidé par la suite, à partir de 1998 [La Lenteur] d'écrire en français. Né en 1929 en Tchécoslovaquie, il a choisi l'exil en 1975, pour s'établir en France, et a obtenu la nationalité française en 1981.






    Dans ses romans, l'écrivain mentionne souvent la mythologie grecque, et la décortique. 
    Ses romans oscillent entre récit et essai : ils abordent sous un aspect classique d'"une simple histoire" une réflexion profonde et philosophique sur la vie, tout en gardant l'intrigue de l'histoire en trame de fond...

    L'insoutenable légèreté de l'être relate l'histoire éternelle de couple, de la fidélité, de libertinage, de l'amitié érotique, etc... Et à travers l'histoire de deux couples que tout oppose, il nous plonge au cœur du Printemps de Prague, et nous rend ainsi témoin des choix de vie de chacun de ses quatre protagonistes, Tomas/Térésa et Sabina/Franz.
    Tomas, un libertin, de nature polygame et Sabina "sans attaches" choisissent l’amitié érotique tandis que Térésa jalouse, amoureuse représente la pesanteur. Le récit semble ne servir que de prétexte pour aborder une réflexion philosophique sur la vie, pour osciller entre fiction et réalité, et pour aborder d'autres thèmes que le récit lui-même. Parmi  ces thèmes, il y a le kitsch, la beauté, etc..
    La description de New-York que Kundera fait dans ce roman est tout simplement "juste et évident" : La beauté de New-York nous paraît évidente, "une beauté involontaire" dirait Sabina . Le roman fait un va-et-vient incessant entre le présent et le passé. L'écrivain évoque son récit en faisant appel à Parménide [philosophe grec du 6 ème siècle avant Jésus-Christ] qui distingue l'univers en couple de contraire [p.11] "lumière-obscurité, l'épais-fin, le chaud-le froid, l'être-le non être" et qu'un des pôles est positif : [le clair, le chaud, le fin, l'être]. Kundera met en balance la pesanteur et la légèreté. Que choisir ? Ne subit-on pas la dualité ? Et ces deux pôles ne sont -ils pas insoutenables ?


    A la différence de Parménide, Beethoven semblait considérer la pesanteur comme quelque chose de positif. "la décision gravement pesée est associée à la voix du Destin" "Es muss sein"; la pesanteur, la nécessité et la valeur sont trois notions intimement et profondément liées : n'est grave que ce qui est nécessaire, n'a de valeur que ce qui pèse ... [Extrait de l'Insoutenable légèreté de l’être p.47]


    Le drame d'une vie peut toujours s'expliquer par la métaphore de la pesanteur. On dit qu'un fardeau nous est tombé sur les épaules... Mais au juste qu'était-il arrivé à Sabina? Rien, elle avait quitté un homme parce qu'elle voulait le quitter. L'avait-il poursuivie après cela ? Avait-il cherché à se venger ? Non, son drame n'était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté. Ce qui s'était abattu sur elle, ce n'était pas un fardeau, mais l'insoutenable légèreté de l'être...[Extrait de l'insoutenable légèreté de l'être]


    Il y a des livres lus et relus tant cela fait résonance... L'ignorance de Kundera en fera partie. Dans l'Ignorance, Kundera désacralise le mythe du retour et fait appel, pour cette désacralisation, à Ulysse, le héros homérien de la mythologie grecque. Pour l'écrivain, Ulysse le plus grand aventurier de tous les temps est aussi le plus grand nostalgique. Même après sept ans de "dolce vita" chez la déesse Calypso, il n'arrivait toujours pas à oublier son Ithaque natal "A l'exploration passionnée de l'inconnu (l'aventure), il préféra l'apothéose du connu (le retour)". Pourtant, toujours d'après l'écrivain, rien n'est moins certain qu'il sera heureux à son retour : Ulysse devra tuer beaucoup de prétendants de Pénélope et cette dernière ne le reconnaîtra pas au départ et lui fera subir maintes et maintes épreuves pour être sûre de son identité [ou plutôt pour retarder le moment de redevenir sa femme...]


    Pendant vingt ans, il n'avait pensé qu'à son retour. Mais une fois rentré, il comprit, étonné, que sa vie, l'essence même de sa vie, son centre, son trésor, se trouvait hors d'Ithaque, dans les vingt ans de son errance. Et ce trésor, il l'avait perdu et n'aurait pu le retrouver qu'en racontant...[Extrait de L'Ignorance].


    J'imagine l'émotion de deux êtres qui se revoient après des années. Jadis, ils se sont fréquentés et pensent donc être lié par la même expérience, par les mêmes souvenirs. Les mêmes souvenirs ? C'est là que le malentendu commence : ils n'ont pas les mêmes souvenirs, tous deux gardent de leurs rencontres deux ou trois petites situations, mais chacun a les siennes, leurs souvenirs ne se ressemblent pas, ne se recoupent pas. L'un se souvient de l'autre plus que celui-ci ne se souvient de lui... [Extrait de L'ignorance p.119]


    Milan Kundera fait partie de ces écrivains, qui m'ont accompagnée et éclairée pendant de longues années... Ces écrivains, ces poètes qui vous devancent et mettent noir sur blanc vos pensées les plus profondes en les formulant avec des mots -si justes- qui ne peuvent que vous atteindre [parfois même vous effrayer à la première lecture]... Et après avoir lu quelques livres de Kundera dont les intrigues se passent généralement à Prague, en particulier l'Insoutenable légèreté de l'être qui s'y déroule pendant le fameux printemps de Prague, une seule envie s'était imposée : celle de visiter cette ville qui a vu aussi naître Rainer Maria Rilke.


    Si nous ne pouvons changer le monde, changeons du moins notre propre vie 
    et vivons-là librement. 
    Milan Kundera [la vie est ailleurs]








    Publié par Ranjiva

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    8 décembre 2015

    8 décembre 2015

    Au hasard des balades parmi les dracaenas - plantes tropicales [Dragonnier de Madagascar] et ses légendes


    Tomber sur quelque chose de familier au hasard d'une balade, c'est toujours un immense plaisir...


    Le dracaena marginata, plante de la famille de liliacées dont font partie le lys, le narcisse ou les tulipes, est un arbuste originaire de Madagascar, connu aussi sous le nom de dragonnier.

    Photo prise en Martinique en mai 2015
    Le dragonnier de Madagascar porte un nom en malgache qui lui confère une place importante dans l'Île rouge : Hasina" qui signifie "sacré". Cet arbuste est rattaché au culte des "anciens" : les dracaena poussaient près des anciens fiefs ou tombeaux des ancêtres, les profaner ou les arracher étaient ainsi considérés comme "tabou".

    Dans le jardin de Balata [Martinique]
    Ce nom de "dragonnier" aurait pour origine le fait que certaines espèces ont leur sève "rouge-sang" en séchant. La légende prétend qu'il s'agit du sang de Ladon, dragon aux cent têtes qui gardait le jardin des Hespérides. Ce sang ainsi répandu sur terre aurait donné naissance à ces plantes d'où son nom grec. Lors d'un de ses travaux, Héraclès le héros grec tua Ladon pour s'emparer de trois pommes d'or du jardin.

    Mes dracaena [de Madagascar]
    Les légendes et mythes sur les dragons sont présents dans beaucoup de pays. Ils apparaissent dans toutes civilisations, notamment en Europe mais leur popularité est encore plus grande surtout en Chine.

    Photo prise dans le jardin de Balata [Martinique]
    Considéré comme maléfique dans certaines civilisations au point qu'il était à terrasser, le dragon incarne en Asie la sagesse. Dans la mythologie chinoise, le dragon arrive en 3ème rang dans la hiérarchie divine, derrière le ciel et la terre. Symbolisant l'immortalité, la sagesse et la puissance, il avait comme rôle d'être le messager entre dieux et humains. Les dragons se répartissaient en 5 catégories : les dragons célestes gardant les palais des dieux, les dragons ailés contrôlant le vent et la pluie, les dragons terrestres gérant les cours des rivières, les dragons gardiens de trésors et enfin les gardiens malins responsables de tempêtes et océans. Dotés d'une influence Yang, les dragons étaient considérés comme intelligents, majestueux et puissants.

    Photo prise à Madagascar [septembre 2013]
    Revenons à notre dracaena marginata. Jolie plante à toute épreuve, sa robustesse et sa longévité sont légendaires. Dans l'antiquité, les Grecs utilisaient la résine de certains de ces espèces comme colorant. Plante d'une croissance lente mais qui s'épanouit aussi très bien à l'intérieur, le dracaena est aussi, au delà de sa beauté, une plante dépolluante.

    Photo prise en Martinique [juin 2015]

    Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent 
    de nous voir beaux et courageux. Rainer Maria Rilke








    Publié par Ranjiva





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    5 novembre 2015

    5 novembre 2015

    Tendre est la Mer : se laisser de nouveau bercer... [par l'Océan et Bachelard]


    Juste quelques photos pour se plonger de nouveau dans l'océan, dans ce "bleu azur"... Se laisser bercer par quelques vers de Bachelard (1884-1962), ce philosophe poétique de la clarté et des rêves...


    Pour Bachelard "il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez". 
    Avant de voir, il faut que l'imagination soit à son apogée. Et la mer nous plonge dans un océan de rêverie avant que notre regard se pose juste sur la surface océane bleue.

    Le rocher du Diamant [Sud-ouest de la Martinique]
    Dans son livre "l'eau et les rêves", Bachelard nous parle de la vision et de l'imagination :L’œil lui-même, La vison pure se fatigue des solides. "Si la vue accepte vraiment la liberté du rêve, tout s'écoule dans une intuition vivante"Et l'esprit vagabondant, on s'imagine ce que verraient certains rêveurs à l’œil aiguisé en regardant la mer et ses vagues ?

    La valeur d'une image se mesure à l'étendue de son auréole imaginaire . Bachelard


    La mer en elle-même ne suffirait pas à nous fasciner si nous n'évoquions pas notre attrait pour ses magnifiques couleurs. Son souvenir inconscient chante en chacun de nous, un chant profond qui a toujours su nous attirer. Bachelard écrivait : "Aucune utilité ne peut légitimer le risque immense de partir sur la mer. Pour affronter la navigation, il faut des intérêts puissants"?.


    Ah ! Berce, berce, berce encore,
    Berce pour la dernière fois,
    Berce cet enfant qui t'adore,
    Et qui depuis sa tendre aurore,
    N'a rêvé que l'onde et les bois.
    Lamartine [Adieux à la Mer]


    Dans un un petit livre "Tendre est la mer", Yann Queffélec, écrivain français, rend un hommage vibrant à la mer.


    Il nous parle de l'horizon et nous relate aussi la vision de la mer de Pythagore, mathématicien et philosophe grec (6ème siècle avant notre ère) "Voile à l'horizon , c'est toujours la mature qui se détache en premier contre l'Azur. Au bout d'un moment se distingue un bateau. pourquoi pas en même temps ?". Et le philosophe grec conclut que contrairement aux idées reçues depuis des millénaires, la mer n'a rien d'un disque plat. Elle s'incurve en s'éloignant au large. Et pourtant elle nous semble à plat et à l'infini...


    Du bonheur bleuté, d'une insubordination admirable, qui s'élance du plaisir,
     pulvérise le présent et toutes ses instances.
    René Char [Feuillets d'Hypnos]





    Publié par Ranjiva


    *Photos prises en Martinique [La Mer des Caraïbes] en mai 2015

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    4 mars 2013

    4 mars 2013

    Saint Michel-de-Montaigne [Berceau de Montaigne]


    Entourée d’un grand parc magnifique, en pleine campagne du Périgord Pourpre, se trouve à 40 km de Bergerac la demeure natale du célèbre écrivain et philosophe humaniste Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592). Ce château familial du 14ème siècle fut détruit par un incendie et reconstruit au 19ème siècle. La tour "ronde" fut épargnée. C’est dans cette tour que Montaigne rédigea ses essais à l’âge de 39 ans. Il y demeura par intermittence entre 1571 et 1592.



    Dans ses "Essais" parus en 1595, Montaigne y décrivit "sa bibliothèque" : Elle est au 3ème étage d’une tour, le premier, c’est ma chapelle, le second une chambre et sa suite où je me couche souvent, pour être seul. Tout lieu retiré requiert un promenoir.(Essais livre III).
    La tour de la "Librairie" est classée monument historique depuis 1952.


    De l’éducation de son père, pleine de douceur, Montaigne a appris à cultiver l’art de vivre "Mon métier et mon art : c’est vivre". Un épicurien raffiné qui voulait rendre le plus agréable possible sa vie. Le philosophe allait jusqu’à se faire réveiller par son valet la nuit pour encore mieux apprécier son sommeil. Artiste du bonheur, exploitant les plaisirs en prenant conscience pour mieux les savourer, le philosophe était à l’écoute de son bien-être : Je passe le temps quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon, je ne le veux pas passer, je le retâte et je m’y tiens; il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon.


    On imaginait souvent un Montaigne totalement reclus dans sa tour, alors que c’était un voyageur impénitent, cavalier infatigable. Pour Montaigne toutes les études livresques seraient incomplètes si l’on n'y joignait pas l’étude "des hommes". Voyager était selon lui une meilleure école pour se former à la vie "Je ne sache point meilleure école comme j’ai dit souvent à former la vie que de lui proposer incessamment la diversité de tant d’autres vies". Il entreprit des voyages en Allemagne, Autriche, Suisse, Italie... où mœurs et coutumes des pays traversés furent décrits dans un journal qui ne fut publié qu’en 1774. Le philosophe voyageait comme il écrivait, sans suivre une route directe "s’il fait laid à droite, je prends à gauche" a-t-il écrit dans ses essais "Comment se comporter en voyage" (Livre III. Chap. 10).


    Quand on parle de Montaigne on ne peut pas s’empêcher d’évoquer son meilleur ami Etienne de la Boétie, écrivain et poète (1530-1563). Dans ses essais, Montaigne a fait une belle éloge de l’amitié, il y parle du mystère de cet attachement. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut exprimer qu’en répondant "Parce que c’était lui, parce que c’était moi. Nos âmes ont charrié si uniment ensemble, elles se sont considérées d’une si ardente affection".


    Dans ses essais, Montaigne ouvre son chapitre par un avis au lecteur : "Je veux qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire sans contention et artifice : car c’est moi que je peins. Ainsi lecteur, je suis moi-même la mâtière de mon livre."
    Philosophe d’introspection, Montaigne se sert de son jugement pour la connaissance de soi. Cette introspection lui apprend la dépendance de l’esprit et du corps. Ce qui l’intéresse ce n’est pas seulement l’homme en général mais lui-même, c’est l’humanisme poussé à l’extrême. Il est lui-même mâtière de son livre : "Moi ici et maintenant"
    Lord Byron, poète anglais (1788-1824), le considéra comme le maître de la pensée et on ne peut être qu’en accord avec la citation de Stephan Zweig écrivain autrichien ( 1881-1942) "Celui qui pense librement pour lui-même honore toute liberté sur terre".
     

    La Dordogne
    A voyager cela même me nourrit. Montaigne




    Publié par Ranjiva

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    5 février 2013

    5 février 2013

    Toulouse ville colorée [rose-bleue-violette]



    Toulouse, ville du Sud-Ouest de la France que l’on surnomme la "ville rose" fut jadis "Bleu" Bleu pastel. Pendant plus d’un siècle (1450-1561), le pays toulousain a connu une période faste grâce au "¨Pastel", plante aux fleurs jaunes, cultivée dans la campagne albigeoise. Des feuilles des ces plantes, les teinturiers ont réussi à extraire un bleu profond qui fera la fortune de la région.




    Le bleu était rare en occident et a été en conséquence très convoité. L’exportation de cette teinture bleue par voie d’eau a largement contribué à la richesse des négociants toulousains.

    De nombreuses demeures somptueuses, tel l’hôtel d'Assézat, firent leur apparition pour témoigner de la réussite de cette activité. Les volets et les portes furent peints en bleu car cette couleur était connue pour son action insecticide à cause des pigments bleus. Mais à partir de 1561, cette activité connut un déclin, de par l'apparition de l'indigo. 
    Déjà exploité, dès l'Antiquité, par les égyptiens, les indiens ainsi que les mayas, l’indigotier est un arbuste originaire des Indes et des Antilles. L’ouverture de la route des Indes en 1498 a ainsi rendu possible l’entrée massive de l’indigo sur le marché européen, entraînant irrémédiablement la chute du Pastel. Les teinturiers ont rapidement trouvé l’indigo plus efficace et plus soutenu..


    Toulouse est aussi connue comme la cité de la violette. La violette est connue dès l’antiquité mais elle n’est apparue dans les jardins françaises qu’au 18ème siècle. C’est à partir de 1811 qu’elle devint “Violette de Toulouse” puisqu’elle poussait aux alentours de Toulouse, et les maraîchers toulousains en ont fait leur spécialité à partir de 1845. Au début du 20ème siècle, la violette de Toulouse fut exportée partout en Europe. C’était en effet la seule fleur d’hiver en ce temps avant les techniques de serre. 
    Beaucoup de produits sont réalisés à partir de la fleur de violette, entre autres, la violette cristallisée dans le sucre pour décorer les gâteaux ou le sirop de violette, et le parfum de violette, etc..


    Si tu cries, le monde se tait : il s'éloigne avec ton propre monde.
    Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée. 
    Qui convertit l'aiguillon en fleur arrondit l'éclair.
    René Char (Le terme épars)







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