26 mars 2009

26 mars 2009

Séries de rêves de Bob Dylan



Bob Dylan de son vrai nom Robert Allen Zimmerman est né le 24 mai 1941 à Minesota (un état au Nord des Etats-Unis). Il a pris le nom de Dylan en hommage au poète lyrique et provocateur gallois Thomas Dylan (1914 -1953) mais comme Bob Dylan aime brouiller les pistes, il n’a jamais démenti ou admis cet emprunt.
A Dylan à qui on a demandé "Etes-vous poète ou chanteur ?", il a répondu " je fais juste danser les gens " mais quelques fois ses réponses varient : " la réponse est dans mes chansons" ou "Pour me comprendre il faut aimer les puzzles ".
En effet Bob Dylan qui a découvert très tôt
Arthur Rimbaud aime brouiller les pistes et lors d'une de ses interviews il a déclaré "quand j’ai lu pour la première fois je est un autre, les cloches se mirent à tinter à toute volée".
Bob Dylan a parcouru en autodidacte un bout de chemin vers sa seule vérité qui vaille le coup : celle d’aller vers soi-même, la quête de l’identité, la recherche d’un moi profond.
Ses lectures sur ces poètes libres notamment Arthur Rimbaud lui a ouvert des brèches vers cette quête, il aime aussi Baudelaire, John Keats, Whitman, Byron, il aime les poètes voyageurs.

C’est entre 1964 et 1966 que Dylan a écrit beaucoup de poèmes souvent surréalistes recueillis au sein du recueil " Tarantula " publié aux Etats-unis en 1971 qui est nommé bien plus tard en 1997 pour le prix Nobel de littérature. Cet ouvrage est aussi disponible en français.
Bob Dylan a également reçu un diplôme d’honneur de la célèbre Université Princeton aux Etats-unis.
Ses textes de poèmes sont régulièrement étudiés.
Et en avril 2008, il a reçu le prix spécial « Pulitzer » réservé habituellement aux écrivains et journalistes pour "son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire".
Et
une de ses chansons est classé 1ère des chansons de tous temps par le magazine « Rolling Stone ».
Bob Dylan pouvait rester sur ses lauriers mais il refuse l’idolâtrie et depuis 1988, il poursuit le Never Ending Tour (tournée sans fin) qui l'amène à tourner dans le monde entier, c’est ce qui le rapproche encore d’Arthur Rimbaud, l’homme aux semelles de vent : " Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n’a pas de relations républiques sans histoires, guerres de religions étoufféés, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements (Arthur Rimbaud : une saison en enfer 1873).

Sur scène lors de cette tournée sans fin, Bob Dylan chante très rarement ses anciennes chansons, et chante les récentes d’une façon improvisée comme il ressent la chanson.
Beaucoup de spectateurs sont déroutés mais Bob Dylan pense que les chansons sont des entités vivantes, les enregistrements originaux sont comme des prototypes, il ne peut pas reproduire à l’identique le prototype et déclare "Si on veut entendre exactement la même chose, les gens n’ont qu’à acheter mes disques" et il ajoute 'Je ne tourne pas pour promouvoir un disque, je tourne pour jouer'.
On peut prendre ces réponses pour une arrogance mais Bob Dylan veut rester lui-même, il ne cherche pas à se faire aimer, il veut être libre, il adopte une attitude rimbaldienne. Il ne se considère pas en tournée et tant qu’il s’amuse, il continue.
Tout comme Arthur Rimbaud, il est toujours en partance.
Bob Dylan montre qu’on peut se renouveler en restant définitivement soi-même. Dylan a encore cela de poétique : il a toujours su rester Dylan. Dans toute sa longue carrière, Bob Dylan a changé de physionomie, de voix, il était multiple mais derrière ses différents masques, on retrouve un poète, amoureux des mots. (la poésie était sa vocation première).
Ses textes de l’engagé à l’intime jouent avec les mots et sont riches de fortes images. Et quand on lui demande "Comment écrivez-vous "? "Considérez-vous comme poète ?"Bob Dylan fait toujours référence à des poètes dans ses réponses "Pour écrire il vaut mieux être soi-même en mouvement, en voiture, en train, en avion, un peu comme Baudelaire refusant d’avoir une table chez lui" et d’ajouter "Je suis Bob Dylan quand j’ai besoin d’être Bob Dylan et le reste du temps je suis moi-même". Et il ne se définit pas lui-même poète mais comme un artiste trapéziste.





Beaucoup de livres et films ont été consacrés à Bob Dylan mais un seul a été approuvé par lui c’est « I’m not there », c’est joué par 6 acteurs à différents moments de sa vie, dont une femme « Cate Blanchett » et un petit garçon noir.
Et Dylan a écrit « Chroniques » il y relate quelques passages de sa vie, sans chronologie.
Ce livre peut être une curiosité pour le grand public mais pour ceux qui admiraient Bob Dylan et qu’il n’a jamais ménagé : c’est une récompense.
Au seuil de sa vieillesse, se sentant moins menacé par le monde extérieur, il baisse le pont levis et ouvre ses greniers.
Chroniques c’est un mélange d’élèments autobiographiques, de propos humoristiques, d’éclats de sincérité. Le tout dilué dans des propos poétiques à la lumière du soleil couchant.
Bob Dylan a déclaré lors d’un entretien dans un magazine "une chanson peut receler des éléments poétiques mais la différence ce qu’un poème n’a pas besoin d’être défini, limité, catalogué alors qu’une chanson doit obéir à certains règles. Le poème est une chose libre dont le champ est infini".
René char l’a bien résumé « toute poésie doit naître libre et folle. Elle sert à nos métamorphoses parce qu’elle dit vrai »


Une empreinte de pieds sur le sable argenté Une trace de pas sur la terre tatouée J'ai croisé le fils de l'obscurité Aux villes frontières de désespoir Bob Dylan : extrait de Dignity
Je pensais à des rêves en série dans lesquels rien n’atteint le sommet. Chaque chose reste là où blessée elle est tombée et est arrivée à un point final. Je ne pensais à rien de particulier comme dans un rêve. Bob Dylan extrait de series of dreams

Quelques chansons de Bob Dylan

Series of Dreams

Positively 4th street

Knockin'on heaven's door

Nettie More


shiner Moon 





Publié par Ranjiva

* Suite Interlude