3 avril 2013

3 avril 2013

Des fleurs printanières et le miroir de Narcisse


C’est toujours une joie renouvelée d'entrevoir les prémices du printemps, ces petits bourgeons qui nous annoncent que le beau temps sera bientôt là...

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire.

Victor Hugo (Le printemps)

Es-tu narcisse ou jonquille ?
Es-tu garçon, es-tu fille ?
Je suis lui et je suis elle,
Je suis narcisse et jonquille,
Je suis fleur et je suis belle
Fille.
Robert Desnos (Le Narcisse et la Jonquille)


Le nom de "jonquille" est réservé plutôt aux "narcisses" sauvages qui poussent spontanément dans la nature. Une jonquille est généralement jaune et tandis que le narcisse est blanc. Tous deux ont pour nom commun "Narcissus".


Ces fleurs délicates tiennent leur nom de Narcisse, issu de la mythologie grecque, fils du fleuve Céphise et de la nymphe Liriope. Narcisse de son état fut doté d’une grande beauté et en fut très fier : il repoussa régulièrement les avances des ses prétendantes, les nymphes et en particulier Echo. Cette dernière souffrit de cet amour sans retour, au point de s'enfuir dans une grotte où elle s'y laissa dépérir. D’elle ne demeura plus qu’une voix que l’on entendit, telle une plainte, à travers grottes, forêts et montagnes. La nymphe eut ainsi donné son nom au phénomène acoustique de l’écho.


Narcisse est surtout connu comme le jeune homme qui se noya en contemplant des jours entiers son visage dans l’eau dont il s éprit. Ses sœurs les Naïades
(nymphes qui peuplent les lacs, ruisseaux et fontaines) retirèrent alors son corps de l’eau et y trouvèrent des fleurs blanches qui portent désormais le nom de "Narcisse".
En 1914, Sigmund Freud, médecin neurologue autrichien (1856-1939) pionnier de la psychanalyse bâtit ses théories sur le mythe de Narcisse. Freud définit ses patients qui accordent un amour et une importance excessive à leur image comme des patients atteints de tendance narcissique.
Lacan, psychiatre et psychanalyste français (1901-1981) s’empare aussi du mythe de Narcisse en montrant que la formation de "Je" est liée au stade du miroir, moment où l’enfant s’éprend de sa propre image par le biais d’une identification à l’image d’autrui.

J'ai réinventé le passé pour voir la beauté de l'avenir. Louis Aragon 






Publié par Ranjiva

Quelques traces