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  • 27 mars 2021

    27 mars 2021

    Passe oiseau, et apprends à passer [Printemps des poètes]


    Le printemps des poètes, -23ème édition-, a comme thème cette année le désir et le désir d'évasion n'a jamais été aussi fort qu'en ce moment.


    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, 
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour, 
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
     jeter l'ancre en un seul jour ? 
     Alphonse de Lamartine
    On aimerait bien prendre l'envol.


    Etre aussi libres que ces oiseaux ..

    Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent 
    Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons, 
    De leur fatalité jamais ils ne s´écartent, 
    Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons! 


    Et on voudrait être aussi libres, que ces nuages-là-bas qui s'engouffrent dans l'azur au gré de zéphyr;

     Levez les yeux ! 
    C'est moi qui passe sur vos têtes 
    Diaphane et léger, libre dans le ciel pur 
    L'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes 
    Je plonge et nage en plein azur
     Louise Ackermann -Le nuage-


    Passe oiseau et apprends-moi à passer
     Fernando Pessoa -Plutôt le vol de l'oiseau-


    Face à ce désir d'évasion et de liberté, le poème d'Andrée Chedid m'est revenu, un poème sur l'Espérance, l'espérance qu'on ancre aux racines de la vie. 

     J'enracine l'espérance 
    Dans le terreau du cœur 
    J'adopte toute l'espérance 
    En son esprit frondeur 









    Publié par Ranjiva




    Le printemps des poètes : Thème enfance 

    Le printemps des poètes : Thème d'infinis paysages
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    13 novembre 2020

    13 novembre 2020

    Cheminer d'arbre en arbre 

    Destination : arbre, est un poème d'Andrée Chedid ; certes c'est une belle destination que d'aller admirer ces magnifiques arbres, qui déclinent leurs couleurs automnales. 
    A l'instar de l'érable japonais, certains arbres ont leurs feuilles d'un rouge éclatant avant la chute des feuilles, ces couleurs flamboyantes sont dues aux anthocyanines, leurs pigments protecteurs contre les parasites et l'environnement.
    Parcourir l'Arbre 
     Se lier aux jardins 
     Se mêler aux forêts 
     Plonger au fond des terres 
     Andrée Chedid [destination : arbre].
    L'embrasement automnal fascine toujours, les arbres se parant de leurs plus belles couleurs ; ils se préparent à la rude saison qui va arriver ; leurs feuilles, avant de tomber, passent par toutes les couleurs.
    Puis dans un éclat de feuilles 
     Embrasser l'espace 
     Résister aux orages 
     Déchiffrer les soleils 
     Affronter jour et nuit 
     Andrée Chedid [destination arbre]
    Bientôt pour les arbres, le temps est venu d'une pause méritée, mais en attendant cet arrêt indispensable à leur survie, ils exhibent leurs plus belles couleurs.





      Personne ne s'étonne que les arbres se dénudent sous nos           latitudes, en automne, et se reverdissent au printemps
     Pourtant  la chute et la repousse annuelles sont un petit miracle, car le processus implique que les arbres aient la notion du temps. Comment savent-ils que l'hiver arrive ou que la hausse des températures n'est pas un bref aléa climatique 
    mais l'annonce du printemps ? 
    [Extrait du livre -la vie secrète des arbres - de Peter Wohlleben]
    Cheminer d'arbre en arbre 
    Explorant l'éphémère 
    Aller d'arbre en arbre 
    Dépistant la durée. 
     Andrée Chedid [destination arbre]






    Publié par Ranjiva

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    15 février 2019

    15 février 2019

    Petite balade à l'Isle-Sur-la-Sorgue avec René Char


    Quand on visite une petite ville de Provence telle que l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, on ne peut qu'être séduit.


    Outre les balades le long de la Sorgue [y voir les belles demeures bordant les canaux, les quelques roues à aubes témoins du prestige de l'industrie d’antan], on ne peut s'empêcher d'imaginer René Char arpentant cette ville dans son enfance.


    J'avais dix ans
    La Sorgue m'enchâssait
    Le soleil chantait des heures
    Sur le sage cadran des eaux
    René Char [Déclarer son nom]


    Certes tout change, les roues à aubes ne sont plus là que pour la décoration, la maison natale du poète n'existe plus, mais la Sorgue est toujours présente.


    Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon
    Donne aux enfants de mon pays, le visage de ta passion
    Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison
    Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma raison
    René Char [La Sorgue]


    La Sorgue, qui traverse plusieurs villes du Vaucluse [département de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur], est une rivière qui a permis dans le passé de nombreuses activités industrielles.


    On y dénombrait autrefois environ 70 roues à aubes ; leur grande majorité était à l'intérieur des bâtiments pour éviter qu'elles se recouvrent de mousses, comme maintenant. A Isle-sur-la-Sorgue elles servaient surtout pour les filatures de soie.

    Regarde en attendant tourner les dernières roues sur la Sorgue
    Mesure la longueur abondante de leur mousse,
    calcule la résistance délabrée de leur planche
    Confie-toi à voix basse aux eaux sauvages que nous aimons tant...
    René Char [En 1942]


    La rivière sillonne Isle-sur-la-Sorgue de ses multiples canaux, ce qui lui vaut le surnom de Venise de Comtat. A l'origine, c'était une bourgade de pêcheurs au milieu de la rivière.


    Les algues qui tapissent le fond du canal lui donnent une impression d'eau verte


    Rivière de farfelus, des fiévreux, des équarrisseurs
    Du soleil lâchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur
    Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer
    Où les étoiles ont cette ombre qu'elle refusent à la mer
    René Char [La Sorgue]


    René Char est né à l'Isle-sur-la-Sorgue en 1907 et il y est enterré. A 21 ans, il publie ses premiers romans, et à 22 ans il rejoint le mouvement surréaliste créé par André Breton, mouvement qu'il quittera cinq ans plus tard. Pour René Char, un poète est nu, libre de toute attache, seul devant la Poésie qui doit naître libre et un peu folle, tendre et rebelle aux mains qui la mettent au monde.

    Ils sont privilégiés ceux que le Soleil
    Et le vent suffisent à rendre fous
    René Char














    Publié par Ranjiva

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    29 juillet 2016

    29 juillet 2016

    En quelques vers... retour sur le canal des Pangalanes [Madagascar]...


    Juste quelques photos pour se souvenir et quelques vers pour retenir....


    Miroir aquatique, le canal des Pangalanes est de toute beauté. Il s'étire le long de la côte Est de Madagascar sur 665 km, tantôt sous forme de lac, tantôt en un canal étroit. Ce canal est l'un des charmes indéniables de la côte Est de Madagascar


    Eternelles Ondines
    Divisez l'eau fine
    Venus, sœur de l'Azur
    Emeus le flot pur
    Arthur Rimbaud [Comédie de la soif]


    Reconnais ce tour
    Si gai, si facile
    Ce n'est qu'Onde, Flore
    Et c'est ta famille
    Arthur Rimbaud [Age d'or]


    Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
    Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
    L'Amour infini dans un infini sourire
    Le monde vibrera comme une immense lyre
    Arthur Rimbaud [Soleil et Chair]


    Vis ! et laisse au feu

    L’obscure infortune...
    [Age d'Or - Illuminations]


    Arrivée de toujours, qui t'en iras partout...
    Rimbaud [ A une raison]




    Pause estivale...
    A bientôt...










    Publié par Ranjiva

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    19 novembre 2014

    19 novembre 2014

    Le ciel, des nuages... Et un poète [Baudelaire]


    Quelle sensation unique que de regarder un ciel et y suivre les êtres féeriques et les formes abstraites que dessinent les nuages, "ces magies liquides ou aériennes", comme les qualifiait Baudelaire.


    Les plus riches cités, les plus grands paysages,
    Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
    De ceux que le hasard fait avec les nuages.
    Baudelaire (Le voyage)


    Symboles de "fantaisie absolue" : la liberté d'aller et venir au gré de Zéphyr et aussi par ses formes qui aiguisent l'imagination, on ne pouvait qu'être captivé par les nuages.

    Dans un beau jardin où les rayons d’un soleil automnal semblaient s’attarder à plaisir,
    sous un ciel déjà verdâtre où des nuages d’or flottaient comme des continents en voyage,
    Baudelaire (Les vocations)


    Baudelaire fut fasciné par les nuages, quelques-uns de ces poèmes y fait référence mais c'est dans l'étranger qu'il les qualifie de "merveilleux".

    Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
    - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages.
    Baudelaire (L'Etranger)


    Des peintres et des poètes furent subjugués par ces nuées aux formes changeantes. Ce qui rend les nuages si captivants, ce ne sont pas les nuages en tant que tels mais ce que l'imagination pourrait en faire. Notre pouvoir imaginatif et créatif nous ferait apercevoir ce que nous aimerions "voir à cet instant" : la magie de l'imagination.

    On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
    Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
    Alternativement tendre, rêveur, cruel,
    Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel
    Baudelaire (Ciel brouillé)


    Les soleils mouillés,
    De ces ciels brouillés,
    Pour mon esprit ont les charmes,
    Si mystérieux,
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    Baudelaire (L'invitation au voyage)





    Publié par Ranjiva


    * Photos prises sur la Côte Opale [France][La Mer du Nord]

    Suite : Baudelaire et quelques extraits de poème
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    12 mars 2014

    12 mars 2014

    En vague et en poésie [La Mer et Andrée Chedid]


    Suspends-toi
    au vent sans territoires
    Chavire dans toutes les mers
    Renais sur toutes les plages
     Andrée Chedid (Alterner)


    Andrée Chedid (1920-2011), femme de lettres et poète humaniste a toujours eu plusieurs cordes à son arc : à la fois romancière, dramaturge, auteur de chansons et de livres pour la jeunesse. Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma dont le 6ème jour réalisé par Youssef Chahine en1986, et l'Autre réalisé par Bernard Giraudeau en 1991.
    Née en Egypte et d'origine libanaise, elle a vécu au Liban, en Egypte et en France. Elle fit ses études de journalisme au Caire, et après avoir vécu quatre ans au Liban avec son mari, elle élut domicile à Paris en 1946.


     Andrée Chedid commença à écrire des poèmes dès l'âge de 16 ans. Son premier poème en anglais fut publié en 1943, et son premier poème français en 1949. 
    Auteur de plusieurs nouvelles et romans, prix Goncourt de nouvelle en 1979 du "Corps et le Temps" , Andrée Chedid est toujours revenue à la poésie le long de sa carrière, discipline qu'elle qualifiera de "source essentielle". Elle a obtenu le prix Goncourt de la poésie en 2002.

    Je fonce vers l’horizon
    Qui s’écarte
    Je m’empare du temps
    Qui me fuit
    Je suis multiple
    Je ne suis personne
    Je suis d’ailleurs
    Je suis d’ici
    Andrée Chedid (Multiple)


    Ses œuvres poétiques sont teintées de sa double culture orientale et française et évoque avec nostalgie son "Nil" natal. On retrouve dans la chanson "je dis aime", qu'elle a écrite pour son petit-fils, Mathieu alias M, cette double appartenance. Cet attachement, elle a réussi à le cristalliser en une phrase: "Le Nil à mes yeux contient tous les fleuves..."


    Du sphinx dans mon rimeur
    Paris au fil du cœur
    Du Nil dans mes veines
    Dans mes artères coule la Seine
    Andrée Chedid (Je dis Aime)


    Dans une des ses interviews Andrée Chedid  donna sa vision de la poésie : "la poésie multiplie nos chemins, nous donne à voir, à respirer, à espérer... Nous ne savons pas exactement où nous allons, donc je me contente du mouvement sans chercher à atteindre un but". Pas étonnant qu'elle a ainsi pris comme devise celle de René Char dans la compagne du Vannier "Aller me suffit"





    Ainsi tourne le monde ;
    Manège, que domine le temps
    Et que module l'histoire.
    Pourtant des rênes fragiles -
    Celles de la Liberté
    demeurent entre nos mains...
    Andrée Chedid (L'enfant multiple)








    Je cherche surtout la légèreté, le temps vous leste si vite...

    Andrée Chedid










    Publié par Ranjiva

    Cette année le Printemps des poètes a comme thème : Au cœur de Arts


    Photos prises à "Lokaro Beach" à Fort-Dauphin [Madagascar] 

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