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  • 27 mars 2021

    27 mars 2021

    Passe oiseau, et apprends à passer [Printemps des poètes]


    Le printemps des poètes, -23ème édition-, a comme thème cette année le désir et le désir d'évasion n'a jamais été aussi fort qu'en ce moment.


    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, 
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour, 
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
     jeter l'ancre en un seul jour ? 
     Alphonse de Lamartine
    On aimerait bien prendre l'envol.


    Etre aussi libres que ces oiseaux ..

    Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent 
    Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons, 
    De leur fatalité jamais ils ne s´écartent, 
    Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons! 


    Et on voudrait être aussi libres, que ces nuages-là-bas qui s'engouffrent dans l'azur au gré de zéphyr;

     Levez les yeux ! 
    C'est moi qui passe sur vos têtes 
    Diaphane et léger, libre dans le ciel pur 
    L'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes 
    Je plonge et nage en plein azur
     Louise Ackermann -Le nuage-


    Passe oiseau et apprends-moi à passer
     Fernando Pessoa -Plutôt le vol de l'oiseau-


    Face à ce désir d'évasion et de liberté, le poème d'Andrée Chedid m'est revenu, un poème sur l'Espérance, l'espérance qu'on ancre aux racines de la vie. 

     J'enracine l'espérance 
    Dans le terreau du cœur 
    J'adopte toute l'espérance 
    En son esprit frondeur 









    Publié par Ranjiva




    Le printemps des poètes : Thème enfance 

    Le printemps des poètes : Thème d'infinis paysages
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    30 avril 2020

    30 avril 2020

    Couleurs crépusculaires [Invitation au voyage]


    En ces jours de confinement, juste quelques photos de couleurs crépusculaires, là où tout n'est que calme et sérénité... Et Baudelaire nous accompagne pour une invitation au voyage...

    Mon enfant, ma sœur,
    Songe à la douceur
    D'aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !


    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.


    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.


    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs


    Aux vagues senteurs de l’ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    À l’âme en secret
    Sa douce langue natale.
    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.


    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l’humeur est vagabonde ;
    C’est pour assouvir
    Ton moindre désir


    Qu’ils viennent du bout du monde.
    – Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d’or ;
    Le monde s’endort
    Dans une chaude lumière.


    Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    L’Invitation au Voyage [Charles Baudelaire]








    Publié par Ranjiva

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    *Photos prises à Madagascar en octobre 2018

    Madagascar octobre 2018 : Balade dans une forêt primaire....


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    15 février 2019

    15 février 2019

    Petite balade à l'Isle-Sur-la-Sorgue avec René Char


    Quand on visite une petite ville de Provence telle que l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, on ne peut qu'être séduit.


    Outre les balades le long de la Sorgue [y voir les belles demeures bordant les canaux, les quelques roues à aubes témoins du prestige de l'industrie d’antan], on ne peut s'empêcher d'imaginer René Char arpentant cette ville dans son enfance.


    J'avais dix ans
    La Sorgue m'enchâssait
    Le soleil chantait des heures
    Sur le sage cadran des eaux
    René Char [Déclarer son nom]


    Certes tout change, les roues à aubes ne sont plus là que pour la décoration, la maison natale du poète n'existe plus, mais la Sorgue est toujours présente.


    Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon
    Donne aux enfants de mon pays, le visage de ta passion
    Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison
    Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma raison
    René Char [La Sorgue]


    La Sorgue, qui traverse plusieurs villes du Vaucluse [département de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur], est une rivière qui a permis dans le passé de nombreuses activités industrielles.


    On y dénombrait autrefois environ 70 roues à aubes ; leur grande majorité était à l'intérieur des bâtiments pour éviter qu'elles se recouvrent de mousses, comme maintenant. A Isle-sur-la-Sorgue elles servaient surtout pour les filatures de soie.

    Regarde en attendant tourner les dernières roues sur la Sorgue
    Mesure la longueur abondante de leur mousse,
    calcule la résistance délabrée de leur planche
    Confie-toi à voix basse aux eaux sauvages que nous aimons tant...
    René Char [En 1942]


    La rivière sillonne Isle-sur-la-Sorgue de ses multiples canaux, ce qui lui vaut le surnom de Venise de Comtat. A l'origine, c'était une bourgade de pêcheurs au milieu de la rivière.


    Les algues qui tapissent le fond du canal lui donnent une impression d'eau verte


    Rivière de farfelus, des fiévreux, des équarrisseurs
    Du soleil lâchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur
    Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer
    Où les étoiles ont cette ombre qu'elle refusent à la mer
    René Char [La Sorgue]


    René Char est né à l'Isle-sur-la-Sorgue en 1907 et il y est enterré. A 21 ans, il publie ses premiers romans, et à 22 ans il rejoint le mouvement surréaliste créé par André Breton, mouvement qu'il quittera cinq ans plus tard. Pour René Char, un poète est nu, libre de toute attache, seul devant la Poésie qui doit naître libre et un peu folle, tendre et rebelle aux mains qui la mettent au monde.

    Ils sont privilégiés ceux que le Soleil
    Et le vent suffisent à rendre fous
    René Char














    Publié par Ranjiva

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    12 octobre 2016

    12 octobre 2016

    Sur les pas de Bob Dylan... New-York is New-York... [Interlude musical]


    En janvier 1961, Bob Dylan débarque à New-York. Il a juste 20 ans. Une casquette façon "marinier" et des bottes élimées pour affronter l'hiver new-yorkais....


    Ce qui lui fera dire que :  New-York, capitale du monde était froide, emmitouflée, mystérieuse [Extrait de Chroniques - Bob Dylan]


    Bob Dylan, qui n'avait pas encore ce nom d'emprunt en 1961 a décidé de venir à New-York, poussé par le désir de rencontrer son idole Woody Guthrie, chanteur et guitariste folk américain [1912-1967].


    "Woody Guthrie m'a ouvert les portes d'un monde nouveau" dira-t-il. "J'étais excessif dans tout ce que je faisais et très logiquement après avoir appris deux cents de ses chansons, j'ai voulu le voir en personne".


    C'est à Greenwich village que Dylan a élu domicile. Le quartier regorgeait de clubs, de bars et de cafés tous dédiés au folk.... Sa définition du folk est assez inattendue : ce sont des chansons qu'on tient toujours de quelqu'un
    La journée au café Wha ? C'était tout et n'importe quoi. Un patchwork délirant racontait Dylan dans Chroniques.  Tout le monde cherchait à percer... 




    Par-delà ses lectures si variées, Dylan aimait arpenter les rues de New-York, il avait une idée nette de l'endroit où trouver les gens, les choses etc..








    Je suis passé sur la 7 ème avenue devant l'immeuble où Walt Whitman avait vécu et travaillé. M'arrêtant un instant je l'ai imaginé graver la musique de son âme.  [Extrait de Chroniques - Bob Dylan]











    Bob Dylan en perpétuel réinvention de soi, en perpétuel recherche de soi... capable de retenir tout ce qu'il lit, tout ce qu'on lui dit est une véritable éponge qui sait restituer tout à bon escient... pour nous faire rêver ...


    Au Museum Of Modern Art  [Peter Max 1967]
    Vu une étoile filante ce soir...
    Glisser au loin...
    Demain sera
    un autre jour...
    Peut-être il est trop tard
    pour te dire les choses
    Vu une étoile filante ce soir
    Glisser au loin...
    Etoile filante [Bob Dylan]



    Seen a shoooting star tonight
    And I thought of me
    If I was still the same
    If I ever became what you wanted me to be
    Did I miss the mark or overstep the line
    That only you could see ?
    Seen a shooting star tonight
    And I Thought of me
    Shooting Star [Bob Dylan]











    Publié par Ranjiva

    *Photos prises à New-York [mai 2016]

    Suite Interlude musical : Bob Dylan
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    11 mai 2016

    11 mai 2016

    Sur les pas de quelques écrivains, une fascinante ville - [New-York ] [Etats-Unis]


    New-York est une des villes qui d'emblée fascine ...       


    Et tout en la trouvant fascinante, on ne peut qu'adhérer à la vision de Sartre, philosophe français [1905-1980]. Selon l'écrivain, il faut savoir la regarder et aller au-delà de la démesure de cette ville : "Quand on sait regarder les deux rangées d'immeubles qui, comme des falaises, bordent une grande artère, on est récompensé : leur mission s'achève là-bas, au bout de l'avenue, en de simples lignes harmonieuses, un lambeau de ciel flotte entre elles".  Sartre [Villes d'Amérique -1945].


    New-York est une ville qui suscite le superlatif : trop démesurée, trop haute, trop bruyante etc... "Un désert de fer et de béton" dirait Camus, qui trouve en prime que "sans son ciel, New-York n'est plus rien"... Mais c'est ce trop qui fait paradoxalement son charme.     


    Dans son livre, l'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera, évoque la beauté de New-York "En Europe la beauté a été toujours préméditée" disait Franz l'un des héros du roman,  avant d'ajouter "La beauté de New York a une tout autre origine. C'est une beauté involontaire, un peu comme une grotte des stalactites. Des formes, hideuses en elles-mêmes, se retrouvent par hasard sans aucun plan dans d'improbables voisinages où elles brillent tout à coup d'une poésie magique".


    Ils marchaient des heures entières dans New-York : le spectacle changeait à chaque pas comme s'ils avaient suivi un sentier sinueux dans un fascinant paysage de montagnes. [Kundera - L'insoutenable légèreté de l'être p.130]


    Tel est New York... Le spectacle est dans la rue, dans les devantures des boutiques, dans la façon dont s'habillent les gens : une ville libre... Des affiches de films, des enseignes publicitaires, des néons lumineux etc.. Et au détour d'une rue,  on voit des choses sans "rapport" se côtoyer... Rien n'est monochrome...


    Certes, quand on est habitué à une urbanisation plus horizontale, cette verticalité peut agresser mais pourrait aussi éblouir. De plus, New York n'est pas que Manhattan où la plupart des gratte-ciels y sont situés : il y a cinq arrondissements à New-York et quatre sont des îles : Manhattan, Staten Island, Brooklyn et Queens, situés sur l'île de Long Island.


    Dans le Sud ouest de Manhattan se trouve Greenwich Village où se côtoient  des maisons en briques, des rues calmes et pittoresques, puis soudain on tombe sur le café mythique Wha où Bob Dylan a débuté. Quartier mythique où Dylan a vécu pendant plusieurs années... Et des magnifiques chansons tel "Blowing the wind" etc.. ont été écrites dans ce quartier pittoresque et c'est aussi  et surtout ça New-York...


    How many seas must the white dove sail
    Before she sleeps in the sand ?
    The answer, my friend, is blowin' in the wind
    The answer is blowin' in the wind
    Bob Dylan [Blowing in the wind]






    Publié par Ranjiva

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    3 avril 2015

    3 avril 2015

    Sur le Lot... Saint-Cirq-Lapopie et un surréaliste [André Breton]


    Une balade sur le Lot dépayse toujours : ses méandres sont si variées qu'on ne se lasse pas de goûter à sa douceur...


    Des beaux paysages pittoresques s'offrent à nos yeux le long des rives, et soudain, déposé là, délicatement entre ciel et eau, entre pierre et lumière, au sommet d'une muraille de plus de 100 mètres de haut : Saint-Cirq-Lapopie, magnifique village médiéval.


    Saint-Cirq-Lapopie se trouve dans le département de Lot dans le Midi-Pyrénées en Quercy, à 80 km de Penne d'Agenais. Classé parmi les plus beaux villages de France, il a su attirer les artistes par sa beauté insolite...


    Le poète et écrivain André Breton (1896-1966), voyageur impénitent qui se déclara "citoyen du monde", tomba sous les charmes de ce village pittoresque qui surplombe le Lot. Il déclara même: "j'ai cessé de me désirer ailleurs".



    "C’est au terme de la promenade en voiture qui consacrait, en juin 1950, l’ouverture de la première route mondiale -seule route de l’espoir- que Saint-Cirq embrasée aux feux de Bengale m’est apparue comme une rose impossible dans la nuit"...."Par-delà d’autres sites - d’Amérique, d’Europe- Saint-Cirq-Lapopie a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J’ai cessé de me désirer ailleurs". André Breton


    Le poète y passa tous ses étés pendant 15 ans, et ce jusqu'à la fin de sa vie. Il y accueillit divers artistes, dont le photographe Cartier-Bresson (1908-2004).


    André Breton, chef de file des surréalistes, a écrit en 1924 "le manifeste du surréalisme". Le surréalisme, ce mouvement artistique étendu à toutes disciplines -poésie, peinture, sculpture, littérature, cinéma- a fait son apparition en France après la première guerre mondiale. A l'ordre et aux conventions établies, ce mouvement y oppose un esprit de libération, et la puissance créatrice issue du rêve est à l'honneur ainsi que l'instinct. Paul Eluard (1895-1952), Louis Aragon (1897-1982), Antonin Artaud (1896-1948) poètes français furent les premiers à rejoindre le mouvement, René Char faisait partie du mouvement pendant 5 ans (1929-1934). Les surréalistes se réclamaient pour la plupart de RimbaudMagritte (1898-1967) rejoignit le mouvement en 1927 et Joan Miró fut l'un des représentants du surréalisme, avec sa peinture capable de nous transporter dans ses rêves. Selon André Breton : "le surréalisme est un automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale" Ce mouvement a souvent été perçu comme élitiste car n'est pas accessible ni compréhensible de prime abord : il fait avant tout appel à l’inconscient...


    Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s'évanouissent, on cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. 
    Alors qu'on l'a à ses pieds. Bob Dylan











    Publié par Ranjiva
    *Photos prises en août 2014
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