• Accueil
  • Ranjirano
  • Pays
  • Contact
  • Profil
  • 27 mars 2021

    27 mars 2021

    Passe oiseau, et apprends à passer [Printemps des poètes]


    Le printemps des poètes, -23ème édition-, a comme thème cette année le désir et le désir d'évasion n'a jamais été aussi fort qu'en ce moment.


    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, 
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour, 
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
     jeter l'ancre en un seul jour ? 
     Alphonse de Lamartine
    On aimerait bien prendre l'envol.


    Etre aussi libres que ces oiseaux ..

    Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent 
    Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons, 
    De leur fatalité jamais ils ne s´écartent, 
    Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons! 


    Et on voudrait être aussi libres, que ces nuages-là-bas qui s'engouffrent dans l'azur au gré de zéphyr;

     Levez les yeux ! 
    C'est moi qui passe sur vos têtes 
    Diaphane et léger, libre dans le ciel pur 
    L'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes 
    Je plonge et nage en plein azur
     Louise Ackermann -Le nuage-


    Passe oiseau et apprends-moi à passer
     Fernando Pessoa -Plutôt le vol de l'oiseau-


    Face à ce désir d'évasion et de liberté, le poème d'Andrée Chedid m'est revenu, un poème sur l'Espérance, l'espérance qu'on ancre aux racines de la vie. 

     J'enracine l'espérance 
    Dans le terreau du cœur 
    J'adopte toute l'espérance 
    En son esprit frondeur 









    Publié par Ranjiva




    Le printemps des poètes : Thème enfance 

    Le printemps des poètes : Thème d'infinis paysages
    Lire la suite...»

    12 mars 2014

    12 mars 2014

    En vague et en poésie [La Mer et Andrée Chedid]


    Suspends-toi
    au vent sans territoires
    Chavire dans toutes les mers
    Renais sur toutes les plages
     Andrée Chedid (Alterner)


    Andrée Chedid (1920-2011), femme de lettres et poète humaniste a toujours eu plusieurs cordes à son arc : à la fois romancière, dramaturge, auteur de chansons et de livres pour la jeunesse. Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma dont le 6ème jour réalisé par Youssef Chahine en1986, et l'Autre réalisé par Bernard Giraudeau en 1991.
    Née en Egypte et d'origine libanaise, elle a vécu au Liban, en Egypte et en France. Elle fit ses études de journalisme au Caire, et après avoir vécu quatre ans au Liban avec son mari, elle élut domicile à Paris en 1946.


     Andrée Chedid commença à écrire des poèmes dès l'âge de 16 ans. Son premier poème en anglais fut publié en 1943, et son premier poème français en 1949. 
    Auteur de plusieurs nouvelles et romans, prix Goncourt de nouvelle en 1979 du "Corps et le Temps" , Andrée Chedid est toujours revenue à la poésie le long de sa carrière, discipline qu'elle qualifiera de "source essentielle". Elle a obtenu le prix Goncourt de la poésie en 2002.

    Je fonce vers l’horizon
    Qui s’écarte
    Je m’empare du temps
    Qui me fuit
    Je suis multiple
    Je ne suis personne
    Je suis d’ailleurs
    Je suis d’ici
    Andrée Chedid (Multiple)


    Ses œuvres poétiques sont teintées de sa double culture orientale et française et évoque avec nostalgie son "Nil" natal. On retrouve dans la chanson "je dis aime", qu'elle a écrite pour son petit-fils, Mathieu alias M, cette double appartenance. Cet attachement, elle a réussi à le cristalliser en une phrase: "Le Nil à mes yeux contient tous les fleuves..."


    Du sphinx dans mon rimeur
    Paris au fil du cœur
    Du Nil dans mes veines
    Dans mes artères coule la Seine
    Andrée Chedid (Je dis Aime)


    Dans une des ses interviews Andrée Chedid  donna sa vision de la poésie : "la poésie multiplie nos chemins, nous donne à voir, à respirer, à espérer... Nous ne savons pas exactement où nous allons, donc je me contente du mouvement sans chercher à atteindre un but". Pas étonnant qu'elle a ainsi pris comme devise celle de René Char dans la compagne du Vannier "Aller me suffit"





    Ainsi tourne le monde ;
    Manège, que domine le temps
    Et que module l'histoire.
    Pourtant des rênes fragiles -
    Celles de la Liberté
    demeurent entre nos mains...
    Andrée Chedid (L'enfant multiple)








    Je cherche surtout la légèreté, le temps vous leste si vite...

    Andrée Chedid










    Publié par Ranjiva

    Cette année le Printemps des poètes a comme thème : Au cœur de Arts


    Photos prises à "Lokaro Beach" à Fort-Dauphin [Madagascar] 

    Lire la suite...»

    5 mars 2012

    5 mars 2012

    Le printemps des poètes et le Petit Prince


    Le 14 ème printemps des poètes a comme thème cette année "Enfances".
    Saint-Exupéry a bien illustré cet esprit pur et innocent de l’enfance dans "Le Petit Prince", livre poétique et philosophique sous apparence d’un conte pour enfants.


    A chacun d’interpréter ce livre qui n’a pas d’étiquette littéraire, selon son propre itinéraire, il offre des niveaux de lecture d’interprétations diverses et enrichissantes.

    Chaque chapitre, relatant une rencontre étonnante, est une allégorie.
    Le petit prince nous invite à nous poser des questions sur le comportement absurde des adultes qui semblent avoir oublié qu’ils étaient des enfants.
    Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. (Mais peu d’entre elles s’en souviennent).



    Avec l’âge, les enfants perdent la faculté de vivre naturellement avec l’esprit, ils deviennent des grandes personnes, ils ne s’intéressent qu’à "l'utile".
    Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu’ils préfèrent ? Est-ce qu’ils collectionnent des papillons ?
    Elles vous demandent, quel âge a-t-il ? Combien a-t-il des frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ? Alors seulement elles croient le connaître.


    - Les étoiles sont belles, à cause d’une fleur qu’on ne voit pas...
    J’ai répondu "bien sûr" et je regardais sans parler les plis du sable sous la lune.
    - Le désert est beau ajouta-t-il
    Et c’était vrai, j’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable, on ne voit rien, on n’entend rien.
    Et cependant quelque chose rayonne en silence...
    - Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, ce qu’il cache un puits quelque part...
    Je fus surpris de comprendre soudain ce mystérieux rayonnement du sable.
    Lorsque j’étais petit garçon, j’habitais une maison ancienne et la légende racontait qu’un trésor y était enfoui. Bien sûr, jamais personne n’a su le découvrir, ni peut-être même ne l’a cherché. Mais il enchantait toute cette maison. Ma maison cachait un secret profond dans son cœur.
    - Oui dis-je au petit prince, qu’il s’agisse de la maison, des étoiles ou du désert, ce qui fait leur beauté est invisible (Extrait du Petit prince).

    Le petit prince permet de ne pas oublier l’enfance, de le ressusciter même, tout comme le poème "Enfance" d’Apollinaire où l’essentiel est dans le ressenti et la rêverie.






    Je marchais à pas lents, m'arrêtant aux jasmins,
    Me grisant du parfum des lys, tendant les mains
    Et pour moi les cyprès n'étaient que des quenouilles,
    Et mon jardin, un monde où je vivais exprès
    Pour y filer un jour les éternels cyprès.
    Apollinaire (Enfance)











    * Citations Saint-Exupéry
    Lire la suite...»

    12 mars 2011

    12 mars 2011

    Venise et Lord Byron


    Le printemps des poètes cette année a comme thème "d'infinis paysages". Il est en effet des endroits qui vous plongent dans l'infini, dans l’éternité. Malgré les menaces et l'érosion qui la guettent, Venise en est sans doute le plus bel exemple, de cet Infini, et les écrits de Byron auront réussi à décrire de façon admirable et poétique cette facette de la ville. 
    Lord Byron (1788-1824) poète romantique britannique et voyageur impénitent d'Orient, d'Asie et d'Europe a séjourné pendant 3 ans à Venise. Conquis par la ville qu'il nomma la ville-fée , il lui dédia de magnifiques poèmes. Il trouva la ville certes décatie mais sans rien lui contester de sa beauté et des merveilles issues de sa gloire passée. Ville unique entre ciel et mer où la plupart des façades sont recouvertes d'images, ville en couleurs où toute la gamme chromatique se déploie de façon harmonieuse. On ne reste pas insensible à la magie de Venise.
    J'aimai Venise dès ma jeunesse. Elle était pour moi comme la ville enchantée du cœur, le séjour de la joie et des richesses, s'élevant telle que des jets d'eau du sein de la mer. elle m'est peut-être plus chère dans ses jours d'infortunes que si elle était encore l'orgueil, la merveille du monde. Lord Byron - La merveille du monde


    Venise est menacée par l'Acqua Alta (les hautes eaux), phénomène qui a toujours existé et les vénitiens assistent impuissants à cette invasion d'eau dans leur ville. Phénomène qui provoque des dégâts immédiats mais le plus à craindre étant la corrosion que subissent les structures des bâtiments. Lord Byron était sensible à cette fragilité de Venise. L’œuvre de Byron la plus connue est Childe Harold : ni un roman relatant les aventures d'un héros, ni même un poème lyrique, plutôt "l'assemblage de notes d'un voyageur mêlées de descriptions, de souvenirs, de digressions personnels" déclara-t-il.
    Cette œuvre se compose de 4 chants et le 4ème chant est consacré à Venise. C'est surtout un magnifique poème reposant sur le contraste poignant entre romantisme et réalité.
    Les empires tombent, les arts dégénèrent, mais la nature ne meurt jamais, elle n'a pas oublié toutefois combien Venise jadis lui fut chère, ce séjour agréable de tous les plaisirs, le paradis de la terre, le masque de l'Italie ! Lord Byron - Le Gondolier Muet Rame en Silence


    Les trois années que Byron a passées à Venise de 1816 à 1819 ont nourri sa vision poétique de la ville. Vision teintée de délicatesse mais aussi de scepticisme. Une vision qui a su attirer d'autres artistes, écrivains, peintres et poètes et qui ont donné à Venise sa renommée de ville éternelle.

    J'étais dans Venise... J'étais dans Venise, sur le Pont des Soupirs, un palais d'un coté et une prison de l'autre ; j'en voyais les monuments s'élever du sein des vagues, comme par la baguette d'un enchanteur. Lord Byron - J'étais dans Venise

    Venise l'éternelle, mais aussi Venise "l'amplificateur des sens" comme dirait Philippe Sollers amoureux de Venise dans cette même lignée d'écrivains. Cela fait 40ans que Sollers fait son pèlerinage à Venise, deux fois par an. Car elle l'inspire dans ses écrits. Mais cela doit passer par une immersion totale: "écrire, respirer, dormir, respirer, écrire. Ici" Certes Philippe Sollers n'a pas la même vision de Venise que Byron. Ce dernier était plus nostalgique du passé "L'adriatique qui pleure son époux". mais à chacun son image (et on ne peut pas demander à Sollers de rentrer dans une posture romantique de 2 siècles avant lui). Pour Philippe Sollers Venise c'est une ville joyeuse, secrète, éternelle, l'instant, rien d'autre, la notation pure et simple : une liberté énorme et insoupçonnée est là. Venise à soi : hors de sentier battu, hors foule.



    Elle t'appelle dans ses ondes et laisse la mer répondre que depuis toujours tu l'aimes.  
    Leonard cohen [Suzanne]


    Il y a de la musique dans le soupir du roseau. Il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau  Il y a de la musique en toutes choses, si les hommes pouvaient l'entendre. 

    Lord Byron
     









    Publié par Ranjiva




    * Suite Venise
    Lire la suite...»