En janvier 1961, Bob Dylan débarque à New-York. Il a juste 20 ans. Une casquette façon "marinier" et des bottes élimées pour affronter l'hiver new-yorkais....
Ce qui lui fera dire que : New-York, capitale du monde était froide, emmitouflée, mystérieuse[Extrait de Chroniques - Bob Dylan]
Bob Dylan, qui n'avait pas encore ce nom d'emprunt en 1961 a décidé de venir àNew-York, poussé par le désir de rencontrer son idole Woody Guthrie, chanteur et guitariste folk américain [1912-1967].
"Woody Guthrie m'a ouvert les portes d'un monde nouveau" dira-t-il. "J'étais excessif dans tout ce que je faisais et très logiquement après avoir appris deux cents de ses chansons, j'ai voulu le voir en personne".
C'est à Greenwich village que Dylan a élu domicile. Le quartier regorgeait de clubs, de bars et de cafés tous dédiés au folk.... Sa définition du folk est assez inattendue : ce sont des chansons qu'on tient toujours de quelqu'un La journée au café Wha ? C'était tout et n'importe quoi. Un patchwork délirant racontait Dylan dans Chroniques. Tout le monde cherchait à percer...
Par-delà ses lectures si variées, Dylan aimait arpenter les rues de New-York, il avait une idée nette de l'endroit où trouver les gens, les choses etc..
Je suis passé sur la 7 ème avenue devant l'immeuble où Walt Whitman avait vécu et travaillé. M'arrêtant un instant je l'ai imaginé graver la musique de son âme.[Extrait de Chroniques - Bob Dylan]
Bob Dylan en perpétuel réinvention de soi, en perpétuel recherche de soi... capable de retenir tout ce qu'il lit, tout ce qu'on lui dit est une véritable éponge qui sait restituer tout à bon escient... pour nous faire rêver ...
New-York est une des villes qui d'emblée fascine ...
Et tout en la trouvant fascinante, on ne peut qu'adhérer à la vision de Sartre, philosophe français [1905-1980]. Selon l'écrivain, il faut savoir la regarder et aller au-delà de la démesure de cette ville : "Quand on sait regarder les deux rangées d'immeubles qui, comme des falaises, bordent une grande artère, on est récompensé : leur mission s'achève là-bas, au bout de l'avenue, en de simples lignes harmonieuses, un lambeau de ciel flotte entre elles".Sartre [Villes d'Amérique -1945].
New-York est une ville qui suscite le superlatif : trop démesurée, trop haute, trop bruyante etc... "Un désert de fer et de béton" dirait Camus, qui trouve en prime que "sans son ciel, New-York n'est plus rien"... Mais c'est ce trop qui fait paradoxalement son charme.
Dans son livre, l'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera, évoque la beauté de New-York "En Europe la beauté a été toujours préméditée" disait Franz l'un des héros du roman, avant d'ajouter "La beauté de New York a une tout autre origine. C'est une beauté involontaire, un peu comme une grotte des stalactites. Des formes, hideuses en elles-mêmes, se retrouvent par hasard sans aucun plan dans d'improbables voisinages où elles brillent tout à coup d'une poésie magique".
Ils marchaient des heures entières dans New-York : le spectacle changeait à chaque pas comme s'ils avaient suivi un sentier sinueux dans un fascinant paysage de montagnes.[Kundera - L'insoutenable légèreté de l'être p.130]
Tel est New York... Le spectacle est dans la rue, dans les devantures des boutiques, dans la façon dont s'habillent les gens : une ville libre... Des affiches de films, des enseignes publicitaires, des néons lumineux etc.. Et au détour d'une rue, on voit des choses sans "rapport" se côtoyer... Rien n'est monochrome...
Certes, quand on est habitué à une urbanisation plus horizontale, cette verticalité peut agresser mais pourrait aussi éblouir. De plus, New York n'est pas que Manhattan où la plupart des gratte-ciels y sont situés : il y a cinq arrondissements à New-York et quatre sont des îles : Manhattan, Staten Island, Brooklyn et Queens, situés sur l'île de Long Island.
Dans le Sud ouest de Manhattan se trouve Greenwich Village où se côtoient des maisons en briques, des rues calmes et pittoresques, puis soudain on tombe sur le café mythique Wha où Bob Dylan a débuté. Quartier mythique où Dylan a vécu pendant plusieurs années... Et des magnifiques chansons tel "Blowing the wind" etc.. ont été écrites dans ce quartier pittoresque et c'est aussi et surtout ça New-York...
Juste pour le plaisir d'écouter Bob Dylan et apprécier les "mots" qui s'imprègnent si fort dans sa musique : des mots pour se souvenir quelquefois...
Cette émouvante chanson, qui nous emmène ailleurs, est l'un des titres phares de l'album Oh Mercy sorti en 1989.
Je peux suivre la voie, je peux lire les signes
Ne pas dériver quand la route se dévide
Je peux traiter les obstacles
La plupart du temps [Bob Dylan]
La plupart du temps Elle n'est même pas dans ma tête Je ne la reconnaîtrais pas si je la voyais Tellement elle est loin derrière Je ne peux même pas être sûr Qu'elle ait été avec moi Ou moi avec elle La plupart du temps Je suis à moitié satisfait La plupart du temps Je sais exactement comment ça a tourné Je ne me raconte pas d'histoires, je ne vais pas me cacher. Je ne cache pas les sentiments enterrés en moi Je ne transige pas, je ne fais pas semblant Je me fiche même de la revoir un jour La plupart du temps...
Quelque part à Madagascar
Il est possible de tout apprendre de moi dans mes chansons, si l'on sait où me chercher
Mes chansons ne s'adressent qu'à moi. Peut-être est-ce égoïste de le dire, mais c'est ainsi. Je n'ai de responsabilités qu'envers moi-même. [Bob Dylan]
Publié par Ranjiva Quelques traces
*Bob Dylan Lyrics [Traduit de l'anglais (Etats-unis) par Robert Louit et Didier Pemerle
Bob Dylan de son vrai nom Robert Allen Zimmerman est né le 24 mai 1941 à Minesota (un état au Nord des Etats-Unis). Il a pris le nom de Dylan en hommage au poète lyrique et provocateur gallois Thomas Dylan (1914 -1953) mais comme Bob Dylan aime brouiller les pistes, il n’a jamais démenti ou admis cet emprunt.
A Dylan à qui on a demandé "Etes-vous poète ou chanteur?", il a répondu " je fais juste danser les gens " mais quelques fois ses réponses varient : " la réponse est dans mes chansons" ou "Pour me comprendre il faut aimer les puzzles ".
En effet Bob Dylan qui a découvert très tôt Arthur Rimbaudaime brouiller les pistes et lors d'une de ses interviews il a déclaré "quand j’ai lu pour la première fois je est un autre, les cloches se mirent à tinter à toute volée".
Bob Dylan a parcouru en autodidacte un bout de chemin vers sa seule vérité qui vaille le coup : celle d’aller vers soi-même, la quête de l’identité, la recherche d’un moi profond.
Ses lectures sur ces poètes libres notamment Arthur Rimbaud lui a ouvert des brèches vers cette quête, il aime aussi Baudelaire,John Keats, Whitman, Byron, il aime les poètes voyageurs.
C’est entre 1964 et 1966 que Dylan a écrit beaucoup de poèmes souvent surréalistes recueillis au sein du recueil " Tarantula " publié aux Etats-unis en 1971 qui est nommé bien plus tard en 1997 pour le prix Nobel de littérature. Cet ouvrage est aussi disponible en français.
Bob Dylan a également reçu un diplôme d’honneur de la célèbre Université Princeton aux Etats-unis.
Ses textes de poèmes sont régulièrement étudiés.
Et en avril 2008, il a reçu le prix spécial « Pulitzer » réservé habituellement aux écrivains et journalistes pour "son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire".
Et unede ses chansons est classé 1ère des chansons de tous temps par le magazine « Rolling Stone ».
Bob Dylan pouvait rester sur ses lauriers mais il refuse l’idolâtrie et depuis 1988, il poursuit le Never Ending Tour (tournée sans fin) qui l'amène à tourner dans le monde entier, c’est ce qui le rapproche encore d’Arthur Rimbaud, l’homme aux semelles de vent : " Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n’a pas de relations républiques sans histoires, guerres de religions étoufféés, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements (Arthur Rimbaud : une saison en enfer 1873).
Sur scène lors de cette tournée sans fin, Bob Dylan chante très rarement ses anciennes chansons, et chante les récentes d’une façon improvisée comme il ressent la chanson.
Beaucoup de spectateurs sont déroutés mais Bob Dylan pense que les chansons sont des entités vivantes, les enregistrements originaux sont comme des prototypes, il ne peut pas reproduire à l’identique le prototype et déclare "Si on veut entendre exactement la même chose, les gens n’ont qu’à acheter mes disques" et il ajoute 'Je ne tourne pas pour promouvoir un disque, je tourne pour jouer'.
On peut prendre ces réponses pour une arrogance mais Bob Dylan veut rester lui-même, il ne cherche pas à se faire aimer, il veut être libre, il adopte une attitude rimbaldienne. Il ne se considère pas en tournée et tant qu’il s’amuse, il continue.Tout comme Arthur Rimbaud, il est toujours en partance.
Bob Dylan montre qu’on peut se renouveler en restant définitivement soi-même. Dylan a encore cela de poétique : il a toujours su rester Dylan. Dans toute sa longue carrière, Bob Dylan a changé de physionomie, de voix, il était multiple mais derrière ses différents masques, on retrouve un poète, amoureux des mots. (la poésie était sa vocation première).
Ses textes de l’engagé à l’intime jouent avec les mots et sont riches de fortes images. Et quand on lui demande "Comment écrivez-vous"? "Considérez-vous comme poète ?"Bob Dylan fait toujours référence à des poètes dans ses réponses "Pour écrire il vaut mieux être soi-même en mouvement, en voiture, en train, en avion, un peu comme Baudelaire refusant d’avoir une table chez lui" et d’ajouter "Je suis Bob Dylan quand j’ai besoin d’être Bob Dylan et le reste du temps je suis moi-même". Et il ne se définit pas lui-même poète mais comme un artiste trapéziste.
Beaucoup de livres et films ont été consacrés à Bob Dylan mais un seul a été approuvé par lui c’est « I’m not there », c’est joué par 6 acteurs à différents moments de sa vie, dont une femme « Cate Blanchett » et un petit garçon noir.
Et Dylan a écrit « Chroniques »ily relate quelques passages de sa vie, sans chronologie.
Ce livre peut être une curiosité pour le grand public mais pour ceux qui admiraient Bob Dylan et qu’il n’a jamais ménagé : c’est une récompense.
Au seuil de sa vieillesse, se sentant moins menacé par le monde extérieur, il baisse le pont levis et ouvre ses greniers.
Chroniques c’est un mélange d’élèments autobiographiques, de propos humoristiques, d’éclats de sincérité. Le tout dilué dans des propos poétiques à la lumière du soleil couchant.
Bob Dylan a déclaré lors d’un entretien dans un magazine "une chanson peut receler des éléments poétiques mais la différence ce qu’un poème n’a pas besoin d’être défini, limité, catalogué alors qu’une chanson doit obéir à certains règles. Le poème est une chose libre dont le champ est infini".
René char l’a bien résumé « toute poésie doit naître libre et folle. Elle sert à nos métamorphoses parce qu’elle dit vrai »
Une empreinte de pieds sur le sable argentéUne trace de pas sur la terre tatouéeJ'ai croisé le fils de l'obscuritéAux villes frontières de désespoirBob Dylan : extrait de Dignity Je pensais à des rêves en série dans lesquels rien n’atteint le sommet. Chaque chose reste là où blessée elle est tombée et est arrivée à un point final. Je ne pensais à rien de particulier comme dans un rêve. Bob Dylan extrait de series of dreams Quelques chansons de Bob Dylan Series of Dreams Positively 4th street
I was thinking of a series of dreams Where nothing comes up to the top Everything stays down where it's wounded And has come to a permanent stop Wasn't thinking of anything specific Like in a dream when someone wakes up and screams Nothing too very scientific Just thinking of a series of dreams.
Thinking of a series of dreams Where the time and the tempo drag (fly) And there's no exit in any direction Except the one you can't see with your eyes Wasn't making any great connection Wasn't falling for any intricate scheme Nothing that would pass inspection I's just thinking of a series of dreams
Dreams where the umbrella is folded And into the path you are hurled And the cards are no good that you're holding Unless they're from another world
In one, the surface was frozenIn another, I witnessed a crimeIn one, I was running and in another All I seemed to be doing was climb Wasn't looking for any special assistance Not going through any great extremes I'd already gone the distance Just thinking of a series of dreams.
Bob Dylan extrait de serie of dreams Series de rêves Je pensais à des rêves en série Dans lesquels rien n’atteint le sommet Chaque chose reste là où blessée elle est tombée Et est arrivée à un point final Je ne pensais à rien de particulier Comme dans un rêve quand quelqu’un se réveille et crie Rien de vraiment scientifique Pensant juste à des rêves en série.
Je pensais à des rêves en série Dans lesquels le temps et le rythme languissent (s’enfuient) Et dans aucune direction il n’y a de sortie A part celle que tes yeux ne voient pas Je ne faisais aucun grand rapprochement Je ne tombais dans aucun plan complexe Rien qui ne passerait à l’inspection Je pensais juste à des rêves en série.
Des rêves dans lesquels l’ombrelle est repliée Et dans le chemin tu es précipité Et les cartes que tu tiennes valent rien A moins qu’elles ne viennent d’un autre monde.
Dans l’un, tout gelait en surface Dans un autre, j’étais témoin d’un crime Dans l’un, je courais et dans un autre J’avais l’impression que je grimpais sans cesse Je ne réclamais aucune aide en particulier Je ne poussais aucunement les choses à l'extrême J’avais déjà parcouru la distance Pensant juste à des rêves
Lost John est assis sur une voie de chemin de fer Quelque chose est déglingué Le blues ce matin tombe comme la grêle Il va laisser une trace poisseuse Voyager par le monde, c'est ce que je vais faire Puis rentrer te voir. Je ne fais que me démener et me battre. Si je ne fais pas de mal à personne, il se pourrait que j'arrive chez moi vivant. Je suis le fils aîné d'un cinglé, Je suis dans un orchestre de cow-boys J'ai un tas de péchés pour lesquels je dois payer et pas le temps de me cacher Je traverserais un feu ardent, chérie, si je savais que tu étais de l'autre côté Oh, tu me manques, Nettie Moore Et mon bonheur est bien mort L'hiver est parti, le fleuve monte Je t'ai aimé alors et t'aimerai toujours Mais il n'y a plus personne ici à qui le dire Le monde est devenu noir devant mes yeux Eh bien, le monde de la recherche est devenu fou furieux Trop de paperasse Albert est au cimetière, Frankie fait un boucan d'enfer Je commence à croire ce que disent les Ecritures Je suis allé là où le train du Sud croise le Yellow Dog M'éloigner de ces démagogues Et ces femmes malchanceuses qui s'accrochent comme de la colle C'est soit l'un soit l'autre soit aucun des deux Elle dit : "Attention, papa, vas pas déchirer ta culotte Cette danse peut te démolir. Ils disent que le whisky te tuera, mais je ne crois pas qu'il le fera Je monte avec toi au sommet de la colline Oh, tu me manques, Nettie Moore Et mon bonheur est bien mort L'hiver est parti, le fleuve monte Je t'ai aimé alors et t'aimerai toujours Mais il n'y a plus personne ici à qui le dire Le monde est devenu noir devant mes yeux Je ne sais pas pourquoi mais ma chérie n'a jamais été si belle Je n'ai plus à me le demander Elle a cuisiné toute la journée, ça va me prendre toute la nuit Je ne peux pas avaler tout ça d'une seule bouchée Le juge entre, tout le monde levez-vous Levez vos paupières Vous pouvez faire ce que vous voulez, vous n'avez pas besoin de mon avis Avant de me traiter de tous les noms, vous feriez mieux d'y penser à deux fois Il y a un peu d'air dehors, la température a chuté Je crois que la pluie a cessé Je vais te confronter à ton destin Quand j'en aurai fini avec toi, tu auras appris à être réglo en affaires Oh, tu me manques, Nettie Moore Et mon bonheur est bien mort L'hiver est parti, le fleuve monte Je t'ai aimé alors et t'aimerai toujours Mais il n'y a plus personne ici à qui le dire Le monde est devenu noir devant mes yeux La lueur brillante des feux fixes A affaibli ma vision Quand tu es avec moi tout mon chagrin passe Une vie entière avec toi est comme un jour au Paradis Tout ce que j'ai jamais pris pour vrai s'est révélé faux J'irai à la dérive La femme que j'aime, elle gouverne mon coeur Aucune lame ne coupera jamais notre amour en deux. En ce jour je me lèverai plein de foi et ferai entendre La voix de louange Le soleil est intense, je me tiens dans la lumière Je souhaite devant Dieu qu'il fasse nuit Oh, tu me manques, Nettie Moore Et mon bonheur est bien mort L'hiver est parti, le fleuve monte Je t'ai aimé alors et t'aimerai toujours Mais il n'y a plus personne ici à qui le dire Le monde est devenu noir devant mes yeux
Lost John's sitting on a railroad track Some thing's out of whack Blues this morning falling down like hail Gonna leave a greasy trail Gonna travel the world is what I'm gonna do Then come back and see you. All I ever do is struggle and strive. If I don't do anybody any harm, I might make it back home alive. I'm the oldest son of a crazy man, I'm in a cowboy band Got a pile of sins to pay for and I ain't got time to hide I'd walk through a blazing fire, baby, if I knew you was on the other side Oh, I miss you, Nettie Moore And my happiness is over Winter's gone, the river's on the rise I loved you then, and ever shall But there's no one left here to tell The world has gone black before my eyes Well, the world of research has gone berserk Too much paperwork Albert's in the graveyard, Frankie's raising hell I'm beginning to believe what the scriptures tell I've gone where the Southern crosses The Yellow Dog Get away from all these demagogues And these bad luck women stick like glue It's either one or the other or neither of the two She says, "Look out, Daddy, don't want you to tear your pants. You could get wrecked in this dance."They say whisky will kill you, but I don't think it will I'm riding with you to the top of the hill Oh, I miss you, Nettie Moore And my happiness is over Winter's gone, the river's on the rise I loved you then, and ever shall But there's no one left here to tell The world has gone black before my eyes Don't know why my baby never looked so good before Don't have to wonder no more She's been cooking all day, it going to take me all night I can't eat all that stuff in a single bite The judge's coming in, everybody rise Lift up your eyes You can do what you please, you don't need my advice Before you call me any dirty names, you better think twice Getting light outside, the temperature dropped I think the rain has stopped I'm going make you come to grips with fate When I'm through with you, you'll learn to keep your business straight Oh, I miss you, Nettie Moore And my happiness is over Winter's gone, the river's on the rise I loved you then, and ever shall But there's no one left here to tell The world has gone black before my eyes The bright spark of the steady lights Has dimmed my sights When you're around me all my grief gives away A life time with you is like some heavenly day Everything I've ever known to be right has been proven wrong I'll be drifting along The woman I'm loving she rules my heart No knife could ever cut our love apart. Today I'll stand in faith and raise The voice of praise The sun is strong, I'm standing in the light I wish to God that it were night The world has gone black before my eyes.
Mama, take this badge off of me I can't use it anymore. It's gettin' dark, too dark for me to see. I feel like I'm knockin' on heaven's door.
Knock, knock, knockin' on heaven's door Knock, knock, knockin' on heaven's door Knock, knock, knockin' on heaven's door Knock, knock, knockin' on heaven's door
Mama, put my guns in the ground I can't shoot them anymore. That long black cloud is comin'down. I feel like I'm knockin' on heaven's door.
Knock,knock, knockin' on heaven's door Knock, knock, knockin' on heaven's door Knock, knock, knockin' on heaven's door Knock,knock, knockin' on heaven's door
when I was down You just stood there grinning You got a lotta nerve To say you gota helping hand to lend You just want to be on the side thats winning You say I let you down You know its not like that If you're so hurt Why then dont you show it You say you lost your faith but thats not where its at You had no faith to lose And you know it I know the reason That you talk behind my back I used to be among the crowd You're in with do you take me for such a fool to think I'd make contact with the one who tries to hide what he dont know to begin with You see me on the street You always act surprised You say, how are you? good luck but you dont mean it when you know as well as me you'd rather see me paralyzed why don't you just come out once and scream it no, I do not feel that good when I see the heartbreaks you embrace if I was a master thief. Perhaps I'd rob them and now I know youre dissatisfied with your position and your place don't you understand Its not my problem I wish that for just one time you could stand inside my shoes and just for that one moment I could be you yes, I wish that for just one time You could stand inside my shoes You did know what a drag it is to see you.