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  • 10 juin 2008

    10 juin 2008

    Sur un trapèze et Suzanne [Bashung]


    On dirait qu'on sait lire sur les lèvres
    Et que l'on tient tous les deux sur un trapèze
    On dirait que, sans les poings, on est toujours aussi balèzes
    Et que les fenêtres nous apaisent
    On dirait que l'on soufflerait sur les braises
    On dirait que les pirates nous assiègent
    Et que notre amour, c'est le trésor
    On dirait qu'on serait toujours d'accord
    J'ai traqué les toujours, désossé les déesses
    Goûté aux alentours, souvent changé d'adresse
    Ce qui nous entoure, l'extension de nos corps
    Quand nous sommes à l'écart, mineurs, chercheurs d'or
    Quand faut-il être pour ?
    Que faut-il être encore ?
    Que faut-il encore ?
    On dirait qu'on sait lire sur les lèvres
    Et que l'on tient tous les deux sur un trapèze
    On dirait que, sans les poings, on est toujours aussi balèzes
    Et que les fenêtres nous apaisent
    Peut-être que la nuit le monde fait la trêve
    Et qu'aujourd'hui ton sourire fait grève
    On dirait qu'on sait lire sur les lèvres
    Et que l'on tient tous les deux sur un trapèze
    Alain Bashung
    Album Bleu pétrole (mars 2008)


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    Suzanne

    Suzanne t'emmène écouter les sirènes
    Elle te prend par la main
    Pour passer une nuit sans fin
    Tu sais qu'elle est à moitié folle
    C'est pourquoi tu veux rester
    Sur un plateau d'argent

    Elle te sert du thé au jasmin
    Et quand tu voudrais lui dire
    Tu n'as pas d'amour pour elle
    Elle t'appelle dans ses ondes
    Et laisse la mer répondre
    Que depuis toujours tu l'aimes
    Tu veux rester à ses côtés
    Maintenant, tu n'as plus peur
    De voyager les yeux fermés
    Une flamme brûle dans ton cœur

    Il était un pêcheur venu sur la terre
    Qui a veillé très longtemps
    Du haut d'une tour solitaire
    Quand il a compris que seuls
    Les hommes perdus le voyaient
    Il a dit qu'on voguerait
    Jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
    Mais lui-même fut brisé
    Bien avant que le ciel s'ouvre
    Délaissé et presqu'un homme
    Il a coulé sous votre sagesse

    Comme une pierre
    Tu veux rester à ses côtés
    Maintenant, tu n'as plus peur
    De voyager les yeux fermés
    Une flamme brûle dans ton coeur
    Suzanne t'emmène écouter les sirènes
    Elle te prend par la main
    Pour passer une nuit sans fin
    Comme du miel, le soleil coule
    Sur Notre Dame des Pleurs
    Elle te montre où chercher
    Parmi les déchets et les fleurs
    Dans les algues, il y a des rêves

    Des enfants au petit matin
    Qui se penchent vers l'amour
    Ils se penchent comme ça toujours
    Et Suzanne tient le miroir
    Tu veux rester à ses côtés
    Maintenant, tu n'as plus peur
    De voyager les yeux fermés
    Une blessure étrange dans le cœur