22 décembre 2007

22 décembre 2007

Quelques extraits de poèmes de Rainer Maria Rilke

Dis-moi Rose
Dis-moi, rose, d'où vient qu'en toi-même enclose, ta lente essence impose à cet espace en prose tous ces transports aériens ? Combien de fois cet air prétend que les choses le trouent, ou, avec une moue, il se montre amer. Tandis qu'autour de ta chair,rose, il fait la roue.

Une seule rose
Une rose seule, c'est toutes les roses et celle-ci : l'irremplaçable, le parfait, le souple vocable encadré par le texte des choses. Comment jamais dire sans elle ce que furent nos espérances, et les tendres intermittences, une seule rose c'est toutes les roses.


Chemins qui ne mènent nulle
Chemins qui ne mènent nulle part entre deux prés, que l'on dirait avec art de leur but, détournés, chemins qui souvent n'ont devant eux rien d'autre en face que le pur espace et la saison. Le sublime est un départ , quelque chose de nous, qui au lieu de nous suivre prend son écart et s’habitue aux cieux.

Fontaine

Je ne veux qu'une seule leçon, c'est la tienne, fontaine, qui en toi-même retombes, celle des eaux risquées auxquelles incombe ce céleste retour vers la vie terrienne;

Tu vois je veux beaucoup, peut-être tout...

L'obscurité des chutes infinies
Et le jeu scintillant de toute remontée.
Il en est tant qui vivent et ne veulent rien
Et qui se sentent anoblis
Par les sentiments lisses
De leurs repas légers.

* Suite Extraits de poèmes de Rilke