29 juillet 2016

29 juillet 2016

En quelques vers, petit retour sur le canal de Pangalanes [Madagascar]...


Juste quelques photos pour se souvenir et quelques vers pour retenir....


Miroir aquatique, le canal de Pangalanes est de toute beauté. Il s'étire le long de la côte Est de Madagascar sur 665 km, tantôt sous forme de lac, tantôt en un canal étroit. Ce canal est l'un des charmes indéniables de la côte Est de Madagascar


Eternelles Ondines
Divisez l'eau fine
Venus, sœur de l'Azur
Emeus le flot pur
Arthur Rimbaud [Comédie de la soif]


Reconnais ce tour
Si gai, si facile
Ce n'est qu'onde, flore
Et c'est ta famille
Arthur Rimbaud [Age d'or]


Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
L'Amour infini dans un infini sourire
Le monde vibrera comme une immense lyre
Arthur Rimbaud [Soleil et Chair]


Vis ! et laisse au feu

L’obscure infortune...
[Age d'Or - Illuminations]


Arrivée de toujours, qui t'en iras partout...
Rimbaud [ A une raison]




Pause estivale...
A bientôt...










Publié par Ranjiva

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26 juillet 2016

26 juillet 2016

Au cœur du Berry, balade florale et mythologique [des Lys]...


"Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs" disait Montaigne, philosophe humaniste. Des écrivains, des poètes, des peintres ont suivi ce précepte floral...


Quelle joie d'admirer ces lys dans le jardin de Nohant [dans Le Berry] de George Sand. Outre l'écriture, la romancière George Sand [1804-1876] était passionnée par la vie végétale: les fleurs jouent un rôle capital dans ses œuvres. Pour la romancière, "le Lys, la rose blanche sont des fleurs pures"


"Je me livre au jardinage avec furie, par tous les temps, cinq heures par jour, avec Nini à côté de moi, piochant et brouettant aussi. Cela m'abrutit beaucoup, et la preuve c'est que, tout en bêchant et ratissant, je me mets à faire des vers". George Sand


Ce qui est passionnant dans le Lys, au delà de sa beauté époustouflante, c'est son passé antique, son mythe chez les Egyptiens, Perses, Grecs, Crétois etc.. Dans le palais de Knossos à Héraklion [Crête], il y a notamment une fresque avec un champs de Lys.


Dans la mythologie grecque, cette magnifique fleur est associée à la déesse Héra, épouse de Zeus. Déesse du mariage et de la famille, protectrice des femmes, elle protégeait les épouses légitimes et leurs descendants. Déesse Incarnant la fidélité, sa jalousie reste légendaire. Le jour de son mariage avec Zeus, elle reçut en cadeau de noces de Gaïa [déesse de la terre] des pommes d'or. Ces pommes lui plurent tant qu'elle les fit planter dans les jardins des Hespérides [jardins se situant à l'extrême Occident gardé par un monstre immortel à cent têtes et trois nymphes des Hespérides] qui refermèrent la fameuse pomme de la discorde, qui a engendré toute la Guerre de Troie. Héra a aussi élevé la déesse Thétis, filiation qui fit pencher cette dernière du côté des Achéens durant cette fameuse Guerre de Troie. Ce n'est par contre pas le cas d'Arès, autre fils d'Héra, qui se rangea plutôt du côté des Troyens, adversaires des Achéens. Dans cette guerre, Héra soutenait particulièrement Achille le fils bien-aimé de Thétis.


Plusieurs régions de Grèce, dont Knossos revendiquaient le lieu de naissance d'Héra


J'aime fort les jardins qui sentent le sauvage,
J'aime le flot de l'eau qui gazouille au rivage.

Domaine de George Sand [Nohant-Vic dans l'Indre, en région Centre -Val de Loire (Sud du Berry)]


















Publié par Ranjiva

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*Photos prises dans le jardin du domaine de George Sand [Le 20 juillet 2016]
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21 juillet 2016

21 juillet 2016

Elégant et magnifique, aux couleurs flamboyantes [Erable de japon]


Par la flamboyance de la couleur de ses feuillages, l'érable de japon est un arbuste qui ne passe pas inaperçu : élégant et magnifique.


Au fil des saisons, l'érable est là pour nous égayer en passant par toutes les couleurs, du vert au rose, du rouge pourpre vers jaune-rouge ou jaune doré etc..


Ces arbustes très spectaculaires créent au Japon un réel engouement en automne comme pour la "floraison des cerisiers" au printemps : d'où la tradition de "la chasse aux érables".


Il y a toujours des érables dans un jardin japonais et souvent ils sont au bord d'un étang et les reflets de leurs feuillages aux couleurs flamboyantes dans l'eau nous captivent encore plus...


De son nom scientifique Acer, nous vient le mont acéré [pointu], ce nom lui vient probablement de la forme de ses feuilles mais aussi dans l'Antiquité, les érables servaient à fabriquer des lances pointues... Le bois d'érable est aussi réputé très dur...


Dans l’Iliade, Homère décrit le cheval de Troie "imaginé" par le rusé Ulysse fait de bois d'érable. Après 10 ans de siège de Troie, les grecs commencèrent à désespérer et pensèrent abandonner, c'est alors que le rusé Ulysse, le roi d'Ithaque songea à utiliser la ruse, en fabriquant un gigantesque cheval en bois [d'érable] dont les flancs sont creux pour pouvoir s'y glisser "incognito" avec quelques compagnons. Le cheval fut donné en guise de cadeau aux troyens et la suite est connue : une fois le cheval en bois pénétré à l'intérieur, ils sortirent la nuit de son ventre et profitèrent du sommeil des troyens pour les anéantir. Sûrement que les dieux ont décidé de punir Ulysse de ce massacre sans distinction , en le faisant tomber de Charybde en Scylla et cette errance dura 10 autres années avant d'atteindre son Ithaque natale.


Apprenons à recueillir
Tout instant qui advient :
Sente gorgée de soleil
François Cheng










Publié par Ranjiva

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* Photos prises à Giverny [Le jardin de Monet]
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13 juillet 2016

13 juillet 2016

Vue imprenable sur New-york de One World Trade Center...


On ne peut pas quitter New-York sans l'admirer en hauteur, de sa tour la plus haute de Manhattan : One World Trade Center...


Du haut de ses 541 mètres et de ses 104 étages, One World Trade Center est le plus haut édifice des Etats-Unis. Très jolie architecture qui, grâce à son épure, donne l'illusion d'être entièrement conçue en verre. ..


Sa plateforme d'observation [One World Observatory] est ouvert au public depuis le printemps 2015. On y accède au 102 étages en 47 secondes.


Et c'est une sensation impressionnante de rapidité dans l'ascenseur que l'on peut ressentir, avant de s'offrir ce panorama époustouflant et unique de New-York...


De la baie de New-York et sa Statue de la Liberté, en passant par Brooklyn Bridge, ce panorama de 360° est à couper le souffle, surtout si on a la chance d' assister au coucher de soleil et la tombée de la nuit sur New-York...


Petite anecdote : ayant eu la chance il y a des années d'admirer New-York en hauteur de l'Empire state Building [un autre très bon souvenir], il me paraît impossible de comparer les deux tours. La visite de l'Empire State Building fut inoubliable puisqu'elle a été dictée par une envie nourrie depuis depuis des années de visiter ce symbole par excellence de New-York, au travers des films hollywoodiens... Le One World Trade Center est quant à lui vierge de toute représentation cinématographique et l'imagerie collective qui en découle.


La visite de One World Trade Center fut faite d'opportunités : on voulait voir le coucher du soleil d'en haut et le résultat fut bien au delà de nos espérances. Les prises de photos ne sont pas faciles à cause des reflets des vitres mais l'essentiel de ce que l'on voit reste en mémoire... Inoubliable New-York !


Je m'engage
Sur ma route
Et cherche ce lieu
Sans promesses
Où je serais partout...
Andrée Chedid [Libre]








Publié par Ranjiva

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*Photos prises en mai 2016

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4 juillet 2016

4 juillet 2016

Parenthèse kundérienne [l'Insoutenable légèreté de l'être et l'Ignorance]


Il arrive que des apartés s'imposent sur ce blog, tel cet article sur Bob Dylan et ses séries de rêves, ou bien celui sur Jorge Luis Borges et son monde imaginaire, ou encore celui sur Saint-Exupéry et son Petit prince. Milan Kundera en fera partie, car comme dirait Tomas, l'un des protagonistes de son roman L'insoutenable légèreté de l'être, "Es muss sein" [il le faut].


Milan Kundera est un écrivain singulier : il a repris lui-même les traductions de ses romans publiés en tchèque, trouvant que c'était trop métaphorique et a décidé par la suite, à partir de 1998 [La Lenteur] d'écrire en français. Né en 1929 en Tchécoslovaquie, il a choisi l'exil en 1975, pour s'établir en France, et a obtenu la nationalité française en 1981.






Dans ses romans, l'écrivain mentionne souvent la mythologie grecque, et la décortique. 
Ses romans oscillent entre récit et essai : ils abordent sous un aspect classique d'"une simple histoire" une réflexion profonde et philosophique sur la vie, tout en gardant l'intrigue de l'histoire en trame de fond...

L'insoutenable légèreté de l'être relate l'histoire éternelle de couple, de la fidélité, de libertinage, de l'amitié érotique, etc... Et à travers l'histoire de deux couples que tout oppose, il nous plonge au cœur du Printemps de Prague, et nous rend ainsi témoin des choix de vie de chacun de ses quatre protagonistes, Tomas/Térésa et Sabina/Franz.
Tomas, un libertin, de nature polygame et Sabina "sans attaches" choisissent l’amitié érotique tandis que Térésa jalouse, amoureuse représente la pesanteur. Le récit semble ne servir que de prétexte pour aborder une réflexion philosophique sur la vie, pour osciller entre fiction et réalité, et pour aborder d'autres thèmes que le récit lui-même. Parmi  ces thèmes, il y a le kitsch, la beauté, etc..
La description de New-York que Kundera fait dans ce roman est tout simplement "juste et évident" : La beauté de New-York nous paraît évidente, "une beauté involontaire" dirait Sabina . Le roman fait un va-et-vient incessant entre le présent et le passé. L'écrivain évoque son récit en faisant appel à Parménide [philosophe grec du 6 ème siècle avant Jésus-Christ] qui distingue l'univers en couple de contraire [p.11] "lumière-obscurité, l'épais-fin, le chaud-le froid, l'être-le non être" et qu'un des pôles est positif : [le clair, le chaud, le fin, l'être]. Kundera met en balance la pesanteur et la légèreté. Que choisir ? Ne subit-on pas la dualité ? Et ces deux pôles ne sont -ils pas insoutenables ?


A la différence de Parménide, Beethoven semblait considérer la pesanteur comme quelque chose de positif. "la décision gravement pesée est associée à la voix du Destin" "Es muss sein"; la pesanteur, la nécessité et la valeur sont trois notions intimement et profondément liées : n'est grave que ce qui est nécessaire, n'a de valeur que ce qui pèse ... [Extrait de l'Insoutenable légèreté de l’être p.47]


Le drame d'une vie peut toujours s'expliquer par la métaphore de la pesanteur. On dit qu'un fardeau nous est tombé sur les épaules... Mais au juste qu'était-il arrivé à Sabina? Rien, elle avait quitté un homme parce qu'elle voulait le quitter. L'avait-il poursuivie après cela ? Avait-il cherché à se venger ? Non, son drame n'était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté. Ce qui s'était abattu sur elle, ce n'était pas un fardeau, mais l'insoutenable légèreté de l'être...[Extrait de l'insoutenable légèreté de l'être]


Il y a des livres lus et relus tant cela fait résonance... L'ignorance de Kundera en fera partie. Dans l'Ignorance, Kundera désacralise le mythe du retour et fait appel, pour cette désacralisation, à Ulysse, le héros homérien de la mythologie grecque. Pour l'écrivain, Ulysse le plus grand aventurier de tous les temps est aussi le plus grand nostalgique. Même après sept ans de "dolce vita" chez la déesse Calypso, il n'arrivait toujours pas à oublier son Ithaque natal "A l'exploration passionnée de l'inconnu (l'aventure), il préféra l'apothéose du connu (le retour)". Pourtant, toujours d'après l'écrivain, rien n'est moins certain qu'il sera heureux à son retour : Ulysse devra tuer beaucoup de prétendants de Pénélope et cette dernière ne le reconnaîtra pas au départ et lui fera subir maintes et maintes épreuves pour être sûre de son identité [ou plutôt pour retarder le moment de redevenir sa femme...]


Pendant vingt ans, il n'avait pensé qu'à son retour. Mais une fois rentré, il comprit, étonné, que sa vie, l'essence même de sa vie, son centre, son trésor, se trouvait hors d'Ithaque, dans les vingt ans de son errance. Et ce trésor, il l'avait perdu et n'aurait pu le retrouver qu'en racontant...[Extrait de L'Ignorance].


J'imagine l'émotion de deux êtres qui se revoient après des années. Jadis, ils se sont fréquentés et pensent donc être lié par la même expérience, par les mêmes souvenirs. Les mêmes souvenirs ? C'est là que le malentendu commence : ils n'ont pas les mêmes souvenirs, tous deux gardent de leurs rencontres deux ou trois petites situations, mais chacun a les siennes, leurs souvenirs ne se ressemblent pas, ne se recoupent pas. L'un se souvient de l'autre plus que celui-ci ne se souvient de lui... [Extrait de L'ignorance p.119]


Milan Kundera fait partie de ces écrivains, qui m'ont accompagnée et éclairée pendant de longues années... Ces écrivains, ces poètes qui vous devancent et mettent noir sur blanc vos pensées les plus profondes en les formulant avec des mots -si justes- qui ne peuvent que vous atteindre [parfois même vous effrayer à la première lecture]... Et après avoir lu quelques livres de Kundera dont les intrigues se passent généralement à Prague, en particulier l'Insoutenable légèreté de l'être qui s'y déroule pendant le fameux printemps de Prague, une seule envie s'était imposée : celle de visiter cette ville qui a vu aussi naître Rainer Maria Rilke.


Si nous ne pouvons changer le monde, changeons du moins notre propre vie 
et vivons-là librement. 
Milan Kundera [la vie est ailleurs]









Publié par Ranjiva

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