23 février 2016

23 février 2016

Sous le ciel couvert de Madrid [Espagne], la lueur vient de Kandinsky...


Certes, une balade dans une ville qu'on découvre pour la première fois devrait être à chaque fois accompagnée d'un soleil radieux,  c'est le minimum exigible... Que ce soleil soit glacial ou chaleureux, on recherchera toujours dans de pareils circonstances un ciel bleu immaculé. 
Mais risque-t-on vraiment au final de passer à côté des charmes d'un endroit sous un ciel couvert ou sous la pluie ? Venise n'est-elle pas encore plus romantique sous un hiver brumeux ? Et ne voit-on pas alors la ville sous un angle différent ?


Des édifices peuvent ainsi paraître plus éblouissants en contraste avec le ciel, tel ce palais de Cybèle à Madrid, un impressionnant monument qui abrite un centre culturel mais aussi le siège de la mairie.


Et au 6ème étage de ce magnifique monument, une vue imprenable sur Madrid et notamment sur la fontaine de Cybèle, construite en 1777, sur la place emblématique de Madrid.


Et d'un coup sous ce ciel couvert, le hasard vous fait un clin d’œil : une rétrospective du peintre Kandinsky...


Il faut toujours se laisser saisir par les hasards de la vie...

La maison à Munich [1908]
Vassily Kandinsky (1866-1944) né à Moscou, peintre russe naturalisé français, est un des promoteurs de l'Art non figuratif et de l'abstraction. Grand admirateur de Henri Matisse, il a rompu comme lui avec l'Académisme, pour aller vers l'imaginaire et déconstruire l'"objet" qui selon lui nuisait à ses tableaux.

La vieille ville [1902]
Influencé, au début de son art par Van Gogh,  il fera dans ses œuvres des années 1900, des paysages aux couleurs vives, peints de mémoire, avec des couleurs qui envahissent l'espace en toute liberté : les couleurs prenaient vie.

                  L'arrivée des marchands [1905]                       La vie bariolée [1907]                        Esquisse pour Composition II [1909-1910]

Ces trois tableaux nous montrent l'évolution du peintre : le premier est un tableau narratif bien agencé; dans le second, les motifs et les formes commencent à se confondre tandis que dans le 3ème, l'artiste s'éloigne de toute réalité pour se rapprocher de la "vérité du rêve". Dans son livre "Du spirituel dans l'Art", Kandinsky affirme l'importance de la couleur dans sa nouvelle conception d'un Art dicté par la seule nécessité intérieure...

Dans le gris [1919]
Je voyais mentalement toutes mes couleurs, elles étaient devant mes yeux, des lignes sauvages presque folles, se dessinaient devant moi". [Kandinsky] [Regards sur le passé 1913]


"La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente" disait le philosophe David Hume [1711-1776].

Petits mondes [1922]
Les couleurs et les formes des tableaux de Kandinsky se suffisent à elles-mêmes et on peut y voir tout ce que son propre esprit invite à voir. C'est magnifique : les couleurs prennent vie et s'animent dans toute l'espace. En nous invitant à l'imaginaire et à la rêverie, l'artiste nous pousse vers notre vibration intérieure...

Le palais de Cristal [1887]
L'Art ne reproduit pas le visible, il rend visible.
Le merveilleux et le schématisme propres à l'imaginaire s'y trouvent donnés d'avance
et dans le même temps s'y expriment avec une grande précision.
Paul Klee










Publié par Ranjiva

Quelques traces


* Suite Kandinsky...